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  • Paul KABUDOGO RUGABA

Communiqué des FARDC du 12/07/2021 : Un dangereux coup d'accélérateur au génocide

Communiqué des FARDC du 12/07/2021 : Un dangereux coup d'accélérateur au génocide contre les Banyamulenge


General Major Kasonga Leon Richard, Porte-parole des FARDC  (Photo: Internet)
General Major Kasonga Leon Richard, Porte-parole des FARDC (Photo: Internet)

Dans un communiqué lancé le 12/07/2021, l‘Etat-major général des FARDC annonce les opérations militaires « musclées » contre le groupe civil d’autodéfense Twirwaneho qualifié pour le coup de « groupe terroriste » auquel il prête malicieusement l’intention de collaborer avec les groupes armés étrangers (Red-Tabara et FNL) et de faire sombrer Minembwe dans les violences du 10 au 11 juillet dernier.

Contrariées par des grotesques affirmations et un fatras de contre-vérités grandiloquentes (dues au manque d’information objective ou à l'envie de nuire aux Banyamulenge) comme on peut le constater dans ce communiqué, les autorités de Red-Tabara n'ont pas tardé à démentir tout lien avec Twirwaneho contre lequel ils s’affrontent, affirment-ils. Autrement dit, ils trouvent déraisonnable que l‘Etat-major général des FARDC ne puisse pas être informé de leur solide alliance avec les MAI-MAI qui, pourtant bénéficie de l’appui logistique des FARDC, comme en témoigne entre autres, le rapport des Nations Unies!

En effet, par le communiqué du 12 juillet dernier, et de fil en aiguille, l‘Etat-major général des FARDC réaffirme sa position déjà exprimée au 19 juillet 2020 et par laquelle une mise en garde, encore et toujours sélective est adressée au seul et unique groupe Twirwaneho, au motif, car il y’en a pas deux, qu’il oppose de résistance au génocide de Banyamulenge.

Cela fait pourtant 5 ans que les banyamulenge sont menacés d’extinction, 5 ans qu'ils frappent à toutes les portes de l'Etat-major des FARDC, 5 ans qu'ils arpentent les couloirs de tous les ministères en expliquant à chacun que la menace de déracinement couve autour d’eux. 5 ans à vivre avec le cruel sentiment de parler dans le vide, mais aussi, et surtout à réaliser que les éléments de la 12ème brigade d’intervention rapide ont plutôt choisi de faire allégeance à leurs bourreaux, les MAI-MAI.

Au-delà des abus militaires, des violences ambiantes et du chaos de dernières semaines dont l’instigateur est le commandant de la 3ème zone de défense - tête de gondole de la mafia et habile maquignon de vaches razziées - le général Kasonga Cibangu Léon-Richard, porte-parole de l’Etat-major général des FARDC et signataire dudit communiqué, est loin de se montrer déterminé à juguler une crise causée par ceux qui se morfondent dans leur repli identitaire et à stopper les violences débridées, perpétrées par la triple alliance (MAIMAI, Red-Tabara et FARDC). Au contraire, il s’engage fermement à neutraliser un groupe, une communauté congolaise qui refuse de tendre le cou aux groupes armés coalisés.

En effet, si l’Etat-major général des FARDC se fiche de la vie des Banyamulenge dont les hommes et femmes sont impunément mitraillés par les hommes du général Yav, il n’en demeure pas moins moralement malhonnête d'insinuer qu'une communauté, en proie aux attaques sans trêve des groupes armés coalisés, soit traitée de groupe terroriste tandis qu’elle n’est que sur la défensive faute de sa protection par les FARDC.

En omettant délibérément de mentionner, de pointer du doigt les milices MAI-MAI - qui pourtant ont plongé les Hauts-Plateaux dans cette spirale de violences - le général Kasonga et l’Etat-major des FARDC tendent à devenir la voix officielle de Mr. Bitakwira, l'autorité morale des MI-MAI, ses Baguruguru. Il n’est un secret pour personne que Bitakwire reçoit quotidiennement des éloges de la haine ethnique pour son sournois réquisitoire prononcé contre les banyamulenge, lequel est repris dans l'annonce du 12 juilet. Il est clair que par ce communiqué, l’Etat-major général des FARDC choisit de mettre du vent dans les voiles de la machine à nettoyer (Sokola) les Banyamulenge. De même, en s’empêchant explicitement de condamner les barbaries du général Yav dont la fulgurante ascension paraît être ponctuée de records de palmarès macabres, le général Kasonga cautionne son projet. « Les loups ne se mangent pas entre eux » peut-on donc constater !

Mon général, rassurez-vous, les Banyamulenge attendent de l’Etat-major général des FARDC un discours rassurant, un discours en adéquation avec sa mission classique qui n’est autre que « la protection des populations et de leurs biens ». Autrement, s’ils ne peuvent pas gripper une machine à conspiration, ils ne pourraient que compter sur leur autodéfense face à la meute qui les prend en chasse depuis 5 ans.


Kinshasa, le 17 juillet 2021

Mukulu Le Patriote

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