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  • Paul KABUDOGO RUGABA

Et si la guerre du Sud-Kivu profitait à Bitakwira


Plus qu’objet de transhumance politique, le cœur de Bitakwira, porté par ses intérêts égoïstes a oscillé entre FCC et USN après avoir franchi des étapes de prostitution politique entre UDPS et UNC en passant par le PPRD. Rompant avec Kamerhé qui n'était plus aux affaires, le chef des Baguruguru (MAI-MAI) a profité de la crise qu'il continue lui-même d'alimenter dans les Hauts-Plateaux du Sud-Kivu pour jouer, en novembre 2020, et sous la casquette du "partenaire privilégié" du Chef de l’Etat, l’homme providentiel pour la pacification de la province. Une aventure pour laquelle il a ramassé une déculotté à la hauteur de l’enjeu et du chef de guerre qu'il est.

Bitakwira

S’il s'était éclipsé pendant quelques mois, Mr. Bitakwira semble vivre actuellement ses plus belles heures depuis qu'il a lancé en toute hâte, tambour battant, des fausses alertes sur l'importation, par le bureau de la chefferie des Barundi dans la plaine de la Ruzizi (Sud-Kivu), des symboles nationaux de la voisine république du Burundi. Ainsi, par ses méthodes, sa ruse et ses obsessions, il est parvenu, en une semaine et en deux sorties médiatiques (sur les Banyamulenge de Minembwe d’abord et sur les Barundi de la plaine de la Ruzizi en suite), à remettre le sujet de l'imaginaire projet de balkanisation au centre du débat. Des alertes qui ne vont pas de soi pour un populiste imprévisible et volontiers allumeur de mèches à conflits ethniques. Par ce rocambolesque geste, il a de nouveau réussi à attirer les projecteurs sur lui.

L’ubiquité de Mr. Bitakwira dans les médias et dans les espaces de débat populistes et xénophobes n’est pas gratuite. Il faut s’en méfier ! Depuis le déclenchement de la crise des Hauts-Plateaux, l'homme qui éveille constamment plus d’hostilité contre les tutsi congolais est pourvu de rentes issues de la contrebande des vaches razziées aux Banyamulenge. De même, des sources fiables font état des recettes, à lui garantis par les coupeurs de routes MAI-MAI qu’il entretient sur la route Uvira-Bukavu.

En effet, sachant pertinemment que son réservoir de bétail des Hauts-Plateaux n’est plus suffisamment garni, ses fausses accusations contre les administrés de la collectivité des Barundi n’est donc qu’une nouvelle escalade, une nouvelle étape amorcée par le moulin à rumeurs tribalistes et patron de la milice MAI-MAI dans la déstabilisation du Sud-Kivu, aux fins de son enrichissement illicite.

Uvira le 31 juillet 2021


Son de cloche des Montagnes



LWABANJI A MINEMBWE ; UNE MISSION QUI N'AUGURE RIEN DE BON SUR LE TERRAIN.


A la tête d’une délégation mixte (gouvernement provincial et MONUSCO), le ministre provincial de l’intérieur, sécurité et affaires coutumières, Mr. Lwabanji Lwasi a séjourné à Minembwe du 22 au 24 juillet 20201.

Lwabanji Lwasi Ngabo

En effet, placée sous l’angle de restauration de la confidence d’une population en proie aux affres de guerre depuis 2017, rien n'indique cependant que cette mission permette d’améliorer la situation sécuritaire ni de prévenir des nouvelles violences contre les populations civiles de Minembwe.

Arrivés dans l’ombre, sans la moindre annonce, le ministre Lwabanji et sa suite sont repartis sous le feu des projecteurs publics et médiatiques ; et ce, pour avoir fait une annonce retentissante : « 95% des habitants de Minembwe détiennent les armes de guerre qu’ils utilisent pour s’attaquer aux FARDC » confirme-t-il avec certitude comme qui se referait à un document iconographique.

Par cette annonce, le Ministre Lwabanji sait pertinemment qu’il réussit son coup fatal qu’il a échoué en 1996 contre les Banyamulenge. En taxant toute une communauté de s’être constituée en groupe armé qui doit, par conséquent faire face à un «désarmement forcé», il a livré sa proie à l’intolérance des communautés voisines, à l'irritation du gouvernement et au déchainement des FARDC.

Comme un investigateur aux trousses d’une contrebande, Lwabanji s’est attelé à chercher les poux dans les calvities des Banyamulenge. Il a ignoré l’existence des notables et représentants communautaires pour tenir des réunions secrètes avec ses pseudo-informateurs qu’il tient en contact permanent depuis son bureau à Bukavu et dont l'un est devenu son permanent accompagnateur itinérant. L’objectif pour la délégation de Lwabanji semble ainsi se focaliser sur la filature d'un acteur, à l’identification d’un phénomène ou à la certification d’un facteur qui ferait que Minembwe ne se soit pas encore complètement vidé de sa population.

Il faut donc reconnaitre que si Lwabanji ne prédit pas le malheur aux Banyamulenge, il est lui-même porteur du malheur. Tenez :

1. Son avant dernière visite à Minembwe (du 23 au 25 juin 2021) qui n’a pas été précédée ni suivie par une quelconque fracassante annonce a été suivie des meurtres de six civils dont deux hommes et quatre femmes Banyamulenge au centre Minembwe (du 28 au 30 juin 2021);

2. Les prises de position du Ministre Lwabanji, à cette même occasion, ont fait capoter le processus de paix initié par le général Kilubi Bob, le commandant de la 33eme Région militaire (Sud-Kivu et Maniema) ;

3. Le discours du Ministre Lwabanji, le 08 octobre 1996, alors vice-gouverneur de la province du Sud-Kivu somma les Banyamulenge d’évacuer et de quitter définitivement le Sud-Kivu (avec indication du couloir à suivre), faute de quoi il ravagerait d’incendies tous les Hauts-Plateaux, trotte encore dans les têtes des concernés ;

4. Habitué des discours apocalyptiques à l’endroit de Banyamulenge, Mr. Lwabanji termine sa mission à Minembwe sur une note qui fait planer un coup de massue supplémentaire sur les têtes de ses administrés.

Rappelons que le ministre Lwabanji était accompagné de Mr. Karna Soro de la MONUSCO. Ce dernier, on s’en souvient a martelé, dans sa sortie médiatique du 20 juillet (et donc deux jours avant son déplacement à Minembwe), l’appui de son organisation à toutes les opérations des FARDC dans les Hauts-Plateaux. Il ne s’est en aucun cas montré embarrassé par les violations des droits humains dont les éléments FARDC, justement en pleines opérations appuyées par la MONUSCO, se rendent coupables dans les zones de déploiement ici mentionnées. Des violations qui sont pourtant documentées dans le rapport du groupe d'experts des Nations Unies sur la RDC publié en juin 2021 et dont il doit en avoir nécessairement eu l'écho.

Les Banyamulenge ne peuvent donc rien attendre de bon de la part de Mr. Lwabanji tellement ses discours et actes à leur encontre sont d'une affreuse monotonie. Le pire est à venir !

Uvira, le 29/07/2021


Son de cloche des montagnes

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