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Génocide Perpétré contre les BANYAMULENGE (Tutsi) à l’Est de la RDC : Méfiance ou Complicité des Grandes Puissances ?

  • Paul KABUDOGO RUGABA
  • 3 juil.
  • 4 min de lecture

  1. Situation alarmante

Ce message n’est plus un cri d’alarme, parce que depuis plus de neuf ans, des alertes et des appels au secours ont été lancés, à maintes reprises, à différentes occasions et par différents acteurs, dont les victimes eux-mêmes qui sont les populations de Minembwe, les ambassadeurs de la paix, les représentants de la société civile de la place et plusieurs journalistes, ainsi que lors de manifestations organisées dans plusieurs pays à travers le monde. Mais hélas, aucune réponse concrète n'a été apportée.

Preuve que le problème est loin d'être méconnu, l'ancien ambassadeur des États-Unis en RDC, Mike Hammer, la Chef de la MONUSCO, Mme Bintou Keita, et d'autres hautes autorités, tant nationales qu'étrangères, se sont rendus à Minembwe alors qu'il était soumis à la menace d'attaques par des groupes armés. Et ce, avant que des drones et autres avions de combat ne soient déployés dans le ciel de cette région montagneuse du Sud-Kivu pour larguer des bombes dans les villages de pauvres paysans, fauchant la vie de civils innocents et causant d'énormes dégâts matériels, notamment la destruction d'infrastructures essentielles (écoles, hôpitaux, églises et aérodrome), d'habitations, de bétail et de cultures vivrières.

Le blocus humanitaire imposé à la population de Minembwe par l’armée burundaise qui a brillé par sa cruauté en commettant un génocide contre les Banyamulenge comme ce fut le cas à Gatumba en 2004, prive aux habitants l’accès aux services essentiels et aux produits de première nécessité, notamment les soins médicaux, le sel, le savon, le sucre, pour ne citer que quelques exemples.

Malgré la connaissance, par l'ensemble de ces acteurs de cette situation préoccupante ainsi que des multiples cris d'alarme qui ont accompagnés chaque épisode d'attaques, aucune réaction n'a été observée, ni de la part des médiateurs, ni des organisations humanitaires, et encore moins des grandes puissances ou des organisations se réclamant de défense des droits humains. 

Cet état de fait révèle une forme de complaisance, voire de complicité, de la part de certaines puissances face au génocide perpétré contre la minorité Banyamulenge par les gouvernements de la RDC et du Burundi. Les accords miniers servent à endormir la conscience de ces puissances face à la gravité de cette tragédie. Ils offrent ainsi aux président Félix Tshisekedi et Évariste Ndayishimiye une plus grande marge de manœuvre pour poursuivre leur projet de dépossession des Banyamulenge de leurs terres ancestrales, mettant même en péril leur existence.

Cette complicité ne se limite pas à fermer l'œil sur les crimes commis par les régimes congolais et burundais. Elle s’étend également à la partialité des médiateurs, qui ne font que s’en prendre aux troupes de l’AFC/M23-Twirwaneho, allant jusqu’à exiger leur retrait des zones servant de rempart pour la protection des Banyamulenge, tout en permettant à leurs adversaires (Wazalendo, les FDLR, les FARDC et l’armée burundaise) d'y rétablir leurs positions afin d’étouffer Minembwe. Le tout, dans un contexte de silence et d’inaction des principales organisations de défense des droits humains, y compris des représentants religieux acquis à l'idéologie anti-tutsie en RDC.

C’est pourquoi nous nous levons pour dénoncer cette injustice.

Le but de ce message est donc de dénoncer ce silence coupable des organisations humanitaires et de DH, ainsi que la complicité des grandes puissances qui tolèrent, ignorent et même cautionnent ce génocide des Banyamulenge, commis par des régimes sanguinaires, appuyés par leurs milices alliées et les mercenaires. L’histoire ne saurait tarder juger et à condamner cette complicité face aux crimes. Puissants soient-ils, ceux qui se croient au-dessus des lois finiront inévitablement par être rattrapés par le cours des événements. L’histoire nous en offre maints exemples, implacables et éloquents.

Je partage l’avis de Son Excellence Azarias Ruberwa : si tous les Banyamulenge sont affectés, tous ne seront pas exterminés. Les survivants se battront pour obtenir justice et réparation. Je reste convaincu qu’un jour, quel que soit le temps que cela prendra, le génocide des Banyamulenge sera reconnu, et le slogan le plus hypocrite - « plus jamais ça / Never again ! » - se taillera de nouveau une place de choix dans les déclarations solennelles des organisations de défense des DH.

Qu’il me soit permis de saluer le profond sens de l'humanité du gouvernement rwandais, qui ne ménage aucun effort pour condamner la persécution des Tutsis congolais en général et des Banyamulenge en particulier. Et ce, malgré les sanctions injustes et les nombreuses réprimandes dont il continue de faire l'objet, en raison justement de son positionnement en rupture avec l'attitude silencieuse de la communauté internationale face au génocide, comme ce fut le cas au Rwanda en 1994.

À la communauté Tutsi/Banyamulenge et à l’ensemble du peuple congolais, j’adresse un message de soutien et de réconfort en ces temps difficiles. Le temps nous commande de rester unis pour construire une paix durable, porteuse d’espoir et de prospérité pour tous les Congolais, sans discrimination.

Aux jeunes de l'AFC/M23-Twirwaneho qui ont pris les armes pour défendre nos parents, nos terres et notre chère patrie, j'exprime ma profonde gratitude pour ce sacrifice suprême et, surtout, pour votre magnanimité face à la discrimination. Dieu seul vous récompensera, et votre pays sera à jamais fier de vous.

 

Fait ce 03/06/2026.

 RUBYAGIZA Kirotha Sophonie.

 
 
 

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