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  • Paul KABUDOGO RUGABA

Un Major mort à la DEMIAP dans une affaire de règlement de comptes maquillée en crime de trahison pour collaboration avec les M23

Dernière mise à jour : 2 juin


Depuis quelques années, notamment avec le déclanchement de la guerre au Nord-Kivu en 2021, les journées de tout militaire et policier tutsi (officier ou subordonné) au sein des FARDC et de la PNC commence chaque matin par une crainte : celle d’être le prochain sur la liste des personnes ciblées par la DMIAP et devant finir ses jours dans les cachots-enfers de cette institution de renseignement militaire où l’accès aux avocats et aux services médicaux est banni. Cette angoisse quotidienne a grandi au fil de temps et pris davantage de dimensions depuis que le Chef de l'Etat, Félix-Antoine Tshisekedi, a promis, lors de sa campagne aux présidentielles du 20 décembre 2023, l'élimination, un à un, des « infiltrés », pour désigner les « Tutsi », au sein des institutions de défense et de sécurité de la République Démocratique du Congo.

 

Dès lors, et avec cette définition du concept « infiltré » popularisée par la machine conspirationniste anti-tutsi et adoptée comme telle par le gouvernement et ses services, les tutsi servant et combattant sous les drapeaux des FARDC/PNC sont devenus l’objet de véritable chasse à l’homme et une proie facile pour les services nationaux de renseignement militaires et civils dont le ANR (Agence Nationale de Renseignement) et la DMIAP (Détection Militaire des Activités Anti-Patrie).

 

Ces services ont beau s’en défendre et clamer leur professionnalisme, il n’en reste pas moins vrai et évident qu’ils procèdent activement et régulièrement aux arrestations de faciès dont le marqueur est basé sur trois critères :

1. Le mode opératoire : des arrestations sous forme d'enlèvement et transfert des victimes à Kinshasa (sans tenir compte de la présomption d'innocence dont elles pourraient bénéficier) où ils sont jetés dans les funèbres cellules et où elles sont torturées pour reconnaitre, malgré leur innocence, le motif de leurs arrestations ;

2. Le motif : la « collaboration avec le M23 », est l’alibi trouvé pour éliminer de la RDC, tous les sujets tutsi dits « infiltrés », en particulier les officiers en fonction au sein des FARDC et de la PNC ;

3. Le profil des victimes : être tutsi congolais est le seul et véritable pedigree judiciaire pour ces victimes.

 

En effet, si les trois critères sont d'usage au sein de de la DMIAP, ils sont étendus en milieu professionnel où les acteurs du paysage politique et sécuritaire profitent de cette faiblesse du système judiciaire congolais pour régler leurs comptes à leurs collègues (tutsi) avec lesquels ils sont en conflit (interpersonnel) ou dont ils jalousent les postes occupés. C’est bien ce qui est arrivé au Major Mutagata Thomas.

 

De quoi le major Thomas a-t-il été réellement coupable ?

Depuis des mois en effet, le major Thomas était à couteaux tirés avec le commissaire provincial adjoint (Nord-Kivu) en charge de la police judiciaire, le colonel Job. Ce dernier s’employait à contraindre le major Thomas de lui consacrer une partie de ses avoirs, en guise de reconnaissance de son autorité en tant que « chef hiérarchique ». Et ce, sur une fréquence hebdomadaire. La résistance du major Thomas au harcèlement et aux tracasseries de son supérieur hiérarchique a déclenché la colère et le désir de vengeance contre « un subordonné récalcitrant » et de surcroît, un « tutsi » dont il est, plus que facile de se débarrasser physiquement par un simple coup de téléphone à la DMIAP.

 

Ancien chef MAI-MAI intégré à la PNC, le colonel Job se sait en pouvoir, en capacité et en position d'influencer et de manipuler la DMIAP à sa guise et à son profit. En plus de ses fonctions de commissaire provincial adjoint chargé de la police judiciaire, il est également « l'officier de liaison » du Gouverneur militaire avec les groupes Wazalendo du Nord-Kivu. Le fait de laisser mourir Thomas dans la geôle de la DMIAP, en officier de son état arrêté en fonction, et ne pas en faire part ni à sa famille ni aux autorités provinciales de la PNC, jusqu’à ce que la tragique information soit communiquée à travers les voies non autorisées, relève de deux étranges constats : une preuve que la DMIAP n’a aucune considération pour la vie des tutsi en détention et un signe que le commanditaire de la mort de Thomas, le Col. Job dispose d’une forte emprise sur la DMIAP en tant qu’institution, jusqu’à lui dicter la conduite à tenir. 

 

Une curiosité !

Faut-il rappeler à la DMIAP que si des liens ethniques entre des individus au sein des FARDC (ou de la PNC) et certains acteurs du M23 devaient être sanctionnés, le colonel Job serait le premier à en faire les frais. Il est de notoriété publique que son frère biologique, le Gnl Bernard Byamungu est l'adjoint du Gnl Sultan Makenga, en charge des opérations et donc, aux prises avec les FARDC/Wazalendo au quotidien. La curiosité serait de savoir si la DMIAP a pu établir que son protégé n’est pas un agent double qui communiquerait à la fois et régulièrement avec son frère (M23) et les services de la DMIAP. Sinon, qui d'autre si ce n'est lui-même, serait en meilleur position de fournir des renseignements auprès du M23 sur les positions des FARDC, notamment dans le but d'aider son frère à exceller de performances sur les lignes de front ?

 

Si la famille du Major Thomas est consternée, elle reste convaincue, connaissant parfaitement le rôle clé joué par le Col. Job dans la disparition de son cher fils, que tôt ou tard, ce coupable n⁰1 et ses complices répondront de leur crime.

 

01 juin 2024

Mukulu Le Patriote

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