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  • Paul KABUDOGO RUGABA

Réaction de Bitakwira aux sanctions de l’UE: Coup de poker ou coup de poignard son propre dos ?

Dernière mise à jour : 21 déc. 2022


Dans la foulée des débordements émotionnels qui ont suivis l’annonce des sanctions de l’UE contre Mr. Bitakwira Bihonahai, pour incitation à discrimination, à l’hostilité et à la violence à l'égard de la communauté Banyamulenge, l’intéressé a tenté de rééditer sa méthode et orienté son arme, cette fois-ci et sans précaution, contre l’Union Européenne.


S’illustrant par des sorties médiatiques fanfaronnes qui n’ont pas l’air de parer tout nouveau dérapage, il nous a livré des cours magistraux sur sa lutte patriotique contre la menace à la balkanisation (de la RDC) avant de se présenter en victime d’un complot orchestré par le tandem Tutsi-Union Européenne.


D'aucuns savent pourtant que c’est par ses perpétuelles tirades anti-tutsi que Bitakwira a fait de ces derniers, les ennemis de la république auxquels il n’a cessé d’imputer les chimériques velléités de ladite balkanisation. Et par ce fait même, de rassembler contre les Banyamulenge une extraordinaire coalition de groupes armés locaux et étrangers et de déclencher un mouvement tutsiphobe qui n'a pas tendance à s'étioler. L’attaque meurtrière à Kinshasa, le 17 /12/2022 contre un sujet Munyamulenge et militaire FARDC par un groupe des jeunes qui seraient en connivence avec certains de ses compagnons d’arme en est, on ne peut plus clair, une énième illustration de la gravité du phénomène orchestré par Bitakwira.


En effet, du rêve d’exterminer ceux qu’il qualifie de « refugiés et envahisseurs tutsi Rwandais », au cauchemar des sanctions de l’UE, Bitakwira souffle le chaud et le froid. Il oscille entre ténacité à la lutte fratricide contre les Banyamulenge et capitulation devant le poids et l’intransigeance du couperet de l’UE.


Par la première option, il tente de cristalliser l'attention sur sa supposée lutte pour l’intégrité nationale pour s’arracher le soutien d’une frange d’extrémistes à travers le pays dont certains se réclament de son parti politique - par ailleurs battu à plate couture lors des dernières législatives – et qui menacent d’organiser des villes mortes à Uvira en guise de protestation contre les sanctions à lui infligées par l’UE. Difficile d’imaginer que ces élucubrations, pour le moins stériles, puissent porter de fruits.


Par la seconde option, celui qui veut se faire passer pour un Mandela congolais développe une rhétorique de simplification de ses propos qu’il tente de relativiser et met en avant son souci de ne pas souhaiter voir le conflit se pérenniser à l’Est de la RDC, comme cela peut être partagé par ses désormais « frères tutsi » dont les enfants sont en train de mourir inutilement. Mais là, le porte-parole des communautés (bantu) du Sud, Sud-Kivu qui n'est pas la moitié d'un criminel par ses propos incendiaires et ses éloges aux prouesses des MAI-MAI dans leur macabre projet d’épuration ethnique, n'a ni la galanterie de se remettre en cause publiquement, ni l'audace de donner de gages d’assurance pour sa totale conversion.


Il y a donc lieu de noter que si l'incitation à la haine ethnique a permis à Bitakwira de profiter largement de butins de guerre (argent de vaches razziées distribué à travers la chaîne de commandement MAI-MAI dont il est le chef), son aventure ne présente pas que des avantages. En fin, elle fragilise l'homme sur qui la pression pour un plaidoyer en faveur des veuves et orphelins Banyamulenge ne semblait nullement avoir de prise. « On est toujours rattrapé par ses propres turpitudes » dit-on.


Bien que le parquet de la Gombe n'ait pas donné suite à la plainte déposée contre la personne de Bitakwira pour les fais de xénophobie envers les tutsi, on peut déjà saluer l’effet pédagogique des sanctions qui semblent, plus que jamais entamer la sérénité qui était sienne avant le coup de massue par l’UE et qui tendent de dissuader le Jogoo (coq/chef) MAI-MAI de chanter sa note habituelle.


Cher ancien ministre du développement rural ;

La route du développement passe par le développement de la route et non par le routeur (WiFi) de la haine ethnique.


Le 21/12/2022

Mukulu Le Patriote

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