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  • Paul KABUDOGO RUGABA

Le Gnl. Dieudonné Muhima décidé de sonner le glas de l’existence des Banyamulenge

Dernière mise à jour : 20 nov. 2020


« Un homme qui crie n'est pas un ours qui danse ». Le Gnl. Muhima, commandant de la 112ème brigade d’intervention rapide des FARDC à Minembwe semble ne pas avoir lu, sinon pas été inspiré par cette célèbre phrase d’Aimé Césaire dans Cahiers du retour au pays natal !

En effet, depuis plus de trois ans, les Banyamulenge crient leur calvaire au quotidien et s’adressent aux autorités compétentes ; politiques et militaires pour exiger la protection contre les attaques aveugles des MAI-MAI dont ils sont constamment victimes. Mais, hélas, leurs démarches s’avèrent toujours stériles tellement leurs doléances se heurtent toujours à un mur d’indifférence. Mêmes des preuves fournies pour les cas de viols des femmes, assortis des lacérations de leurs parties génitales n’ont guère suscité la moindre attention de la part des autorités concernées. Il faut pourtant être sourd, aveugle ou complice pour ne pas se préoccuper de la souffrance dont sont victimes les Banyamulenge dans les Hauts et Moyens-Plateaux de Fizi, Uvira et Mwenga/Itombwe. Sinon, il est évident que tout est organisé pour que les gémissements et revendications de la part des Banyamulenge n’aboutissent qu’à restreindre davantage toute possibilité d’accès à leur droit exigé. Le constat étant que, plus les jours passent, plus la fréquence, la virulence et la gravité d’attaques par les MAI-MAI gagnent en intensité. Toute fin de journée apporte son lot des personnes civiles tuées, des villages détruits, des vaches et autres biens pillés.

Pire encore, si ces attaques n’ont jamais baissé d’amplitude et de vivacité, de mémoire d'habitants, celles de ces dernières semaines impliquant au grand jour les troupes et la logistique de la 112ème brigade d’intervention rapide des FARDC se révèlent d’une ardeur exceptionnelle. On peut rappeler ici le recours à la lourde artillerie pour la destruction du village de Kalingi par les unités sous le commandement du Gnl. Muhima en dates du 01 et 02 /09/20 et les attaques simultanées sur plusieurs villages de Minembwe dont Kahwela, Masha, Kabingo et Muriza en dates du 08 et 09/09/2020 par les MAI-MAI, toujours adoubés par le Gnl. Dieudonné Muhima qui n’a pas hésité de leur fournir des renforts conséquents en hommes, en armes et en matériels militaires (dont les appareils de communications) pour détruire les maisons et tout ce qui bouge dans les villages ici précités. Il est donc évident qu’à la suite de leurs multiples incursions tentées et repoussées par les jeunes Banyamulenge Twirwaneho, les miliciens MAI-MAI, progressivement affaiblis et fréquemment désillusionnés ne peuvent désormais que composer avec une subordination matérielle et logistique vis-à-vis de leurs alliés, dont le Ggnl. Muhima. Des témoignages crédibles font état d’utilisation à l’occasion de cette dernière série d’attaques, d’une panoplie d’armes sophistiquées, comme Katyusha, dont on n’avait jamais vu aux mains des MAI-MAI par le passé et donc, seulement disponibles localement dans le dépôt d’armes de la 112ème brigade d’intervention rapide des FARDC !

En effet, à l’instar de son expérience dans la zone d’Ituri en 2014, rien ne semble arrêter le Gnl. Muhima dans son aventure actuelle d’appui aux MAI-MAI et leurs alliés Burundais, et par ce fait même, de sonner la fin de l’existence des Banyamulenge au Sud-Kivu. Bref, ni le sens humain, ni le code de conduite militaire, rien ne semble lui ramener à la raison. Ce dernier qui pourtant, à l’occasion de la prestation de serment pour passation officielle à l’académie militaire avait juré prêt à sacrifier sa vie pour sa patrie tire aujourd’hui sur les familles congolaises ainsi que sur leurs habitations. Certes, le Gnl. Muhima n’agit pas seul. Il bénéficie du soutien indéfectible et de la complicité sans faille de la part du Capitaine Kasereka, le porte-parole de l’opération Sokola II. Ce dernier, fin limier de toutes les opérations des MAI-MAI connait mieux que qui conque ce qui se passe dans les Hauts-Plateaux de Minembwe et réussit toujours, dans son jeu de conjuration à faire passer le bourreau pour victime et vice-versa. Il a par sa ruse réussie à induire en erreur d'appréciation, sa hiérarchie quant au caractère, de Twirwaneho qu'il juge abusivement de nocif, en évoquant des faits qui ne sont que tronqués à l’avantage de ses meurtrières ambitions contre les victimes Banyamulenge. Ces victimes qu’il présente, sans scrupule mais avec subterfuge comme des bourreaux ! Par sa fourberie inique et son cynisme avéré, il va jusqu'à occulter le vouloir de l’Etat-major général des FARDC, et par ricochet, celui du conseil des ministres dans l’identification des ennemis du pays jusqu’à les confondre avec les paisibles civiles Banyamulenge. Il va ainsi attirer sur eux la colère et la rigueur des autorités du secteur de sécurité, tant du niveau national que provincial.

S'il est un indicateur qui révèle la capacité à commettre le pire dans une communauté, c'est bien celui des attaques des populations civiles par les forces de sécurité alors qu'elles étaient appelées à les protéger. Pourtant, le nombre d’attaques contre les Banyamulenge dans lesquelles les unités de la 112ème brigade d’intervention rapide des FARDC sont épinglées ne cessent d'accroître. On se demande si le Gnl. Muhima aurait fait allégeance à l’idéologie MAI-MAI ou s’il n’est qu’un adepte des Films d'horreur jusqu'à prendre plaisir devant les assassinats, les destructions des villages et les pillages des biens des civils qu'il est sensé sécuriser. Et si tel est le cas, on se demande pourquoi se satisfait-il uniquement des spectacles macabres orientés contre les civiles Banyamulenge ! Ces derniers, qui après s’être rendu compte de cette situation sont allées jusqu'à solliciter piteusement le retrait, dans la zone de Minembwe, du Gnl. Muhima et de ses troupes. Mais en vain !

Si en France on parle actuellement de l’ensauvagement de la société parce qu’ils constatent une rapidité de montée vers la haine qu’ils n’ont jamais connue auparavant ainsi que des cas de violences et de suicides qui se sont considérablement multipliés ces derniers temps, il faut aussi trouver un mot pour qualifier les barbaries dont sont victimes les Banyamulenge qui sont constamment mitraillés à la fois par la funeste coalition MAI-MAI et rebelles Burundais - par ailleurs toujours et déjà dénoncée sans effet - et par les unités de la 112ème brigade d’intervention rapide dirigées par le Gnl. Muhima.

A cet effet, pourquoi donc ne pas admettre que faute de secours attendu de la part des forces de défense et sécurité, les Banyamulenge n’ont eu d’autre choix que de recourir à la solution d’auto-défense pour se prendre en charge ? D'où l’émergence et à l’organisation des jeunes sous la bannière du nom local Twirwaneho ? Twirwaneho étant donc ces jeunes civiles Banyamulenge finalement inspirés par la citation d’Alfred de Vigny selon lequel « gémir et pleurer, est également lâche » et recommandant de résister énergétiquement à la voie où le sort a voulu les précipiter ! De plus, pourquoi s’en prendre au Colonel Makanika en le qualifiant de rebelle ? Pourtant, en sa qualité de digne militaire, il a été le seul au sein des FARDC à entendre les cris de la population civile et à se préoccuper de leur sort en acceptant de sacrifier ses intérêts personnels et à quitter le confort que lui garantissait son rang d’officier supérieur pour mettre en pratique ce que l’éthique et les valeurs des FARDC lui recommandent ! Ainsi, depuis son arrivée dans les montagnes de Minembwe vers le début de cette année, il a pris à bras le corps le leadership de Twirwaneho et continue dès lors de peser de son talent ! Quoi qu’on dise, d’aucun n’ignorent que c’est grâce au dévouement des jeunes Twirwaneho et à l’ingéniosité du fin stratège militaire, le Colonel Makanika que les Banyamulenge ont vu s’éloigner le bord du précipice.

Par son courage et sa détermination à défendre ses parents, ses frères, ses sœurs et sa province d’origine, le Colonel Makanika s’est quant à lui illustré en bon élève d’Aimé Césaire qui disait, je cite : « Je viendrais à ce pays, mien et je lui dirais : Si je ne sais que parler, c'est pour vous que je parlerai ». Ainsi, pour le Colonel Makanika cela peut se traduire par « Je viendrai à cette terre de mes ancêtres et je dirais : Si je ne sais que combattre, c’est pour vous que je combattrai » !

Kinshasa, le 15 septembre 2020

Mukulu Le Patriote

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