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  • Paul KABUDOGO RUGABA

Les Fardc, une Armée au Portrait Apocalyptique

Mis à jour : 20 nov. 2020

Quand j’étais un jeune enfant, je voyais tout le monde fuir à toute vitesse dans La forêt au vu des soldats. Celui qui ne parvenait pas à se sauver, payait des amandes en plus d’être administré des coups des crosses du fusil. Il devenait, de ce fait, un porteur de bagages des militaires jusqu’à ce que on attrape des remplaçants.

Toutes les poules confisquées étaient chargées sur sa tête et les chèvres placées sous sa garde partout ils vont. Seules les bêtes non à leur portée pouvaient échapper au vol. Au moindre trébuchement du porteur, toujours interprété, à tort ou à raison, comme tentative de fuir, il recevait des coups des judos qui l’écroulaient brutalement à terre.

Toutes les tribus en étaient victimes. Partageant la même peine et dans le souci de se communiquer du danger, les mots de salutation usuelle avaient changés. À la place de « comment ça va? », on disait : « as-tu d’informations sur les soldats?” et la réponse selon le cas : « non c’est la paix ou oui faites attention à tel endroit... »

Bien que les hommes étaient la cible no 1, Les enfant et les femmes n’étaient pas épargnés. Les femmes capturées étaient souvent violées à tour de rôle par l’équipe, sans tenir compte de de l’entourage. Personnellement, je suis témoins oculaires de ce genre de scènes odieuses à deux reprises.

La première fois, c’était en 1971. J’étais encore à l’âge préscolaire, mais ces images ne se sont jamais effacées de ma mémoire. Je me souviens très bien, même les moindres détails

C’était de militaires que l’on appelait communément Abanyagitona (commandos issus de la formation de Kitona) qui ont pris une femme, qui n’a pas pu réussir à sortir à temps de sa case avant que les commandos ne s’en approche. Naturellement, moins rapide qu’aux hommes, en plus, paralysée par la panique, elle a été saisie quand elle tentait de fuir comme les autres. Ils l’ont fait entrer dans sa hutte avec une brutalité extrême en la tirant par terre. Elle criait à vive voix « muntabare, ndapfuye Mana we! » qui signifie « au secours! Oh mon Dieu, je vais mourir », Les cris d’appel ont fait rebrousser chemin beau nombre parmi lesquels les enfants, mais deux soldats ont chargé leurs fusils et les ont tenus à l’écart, à une cinquantaine de mètres. Impuissantes, nos mères nous ont pris par la main pour nous éloigner de la scène.

La deuxième fois, en 1978, j’étais déjà à l’école primaire. Ce jour-là, nous revenions du marché qui se tenait hebdomadairement chaque mercredi tout près de la rivière Mushojo, quand tout à coup des soldats en embuscade ont fait irruption, se sont rué sur la file des vas et vient en direction ou en provenance du marché. C’était le sauve qui peut en toutes directions. Une jeune femme qui semblait plus être visée par la poursuite, sans doute parce la plus jeune et la plus remarquable, avait, dans son élan de fuite pour se sauver, heurté un arbrisseau, puis était tombée par terre. Ce fut le début de son calvaire. Les militaires la tirèrent dans un petit buisson tout proche. Ayant entendu ses cris, nous avons fait volt face en foule des badauds. Un soldat se tint à l’entrée du buisson, exactement là où ils l’on fait passer et chargea son fusil, puis deux coups de fusil en l’aire nous ont dispersés tous, nous obligeant ainsi à nous frayer d’autres sentiers. La jeune femme criait : « Nafwa Mungu wee! » qui signifie « oh mon dieu je vais mourir ». Et le militaire qui la détenait dans la brousse la gueulait, « Kanga monoko, nakobeta yo » qui signifie « ferme ta gueule ou je te rosse » en lingala. Le marché était troublé, j’entendais dire qu’il y eu « IgIturi » trouble brusque provoquant la débandade du marché.

Tout se passait exactement comme ce que l’on voit dans les documentaires des animaux sauvages, la relation entre prédateurs et proies. Ce genre d’incidents étaient nombreux dans un coin reculé si bien qu’il n’existe pas de médias pour couvrir les évènements qui s’y passent. Il n’existait pas non plus des organisations des droits humains pour dénoncer les atrocités commises quotidiennement. Et même s’ils existeraient, il n’est pas certain qu’ils auraient pu faire librement un reportage critique, à moins que ça soit des étrangers.

Ce prélude n’est qu’une simple illustration d’une réalité qui persiste jusqu’aujourd’hui, à quelques différences près que voici:

- Primo, pour des raisons d’un racisme systématique qui s’est développé rapidement, il existe quelques communautés plus visées entre autres, les Hema en Ituri, les rwandophone tutsi au Nord-Kivu et les banyamulenge au Sud-Kivu. Traitées à tort de non autochtones, les membres de ces communautés vivent un calvaire interminable. Dès lors qu’ils ne sont plus considérés comme des êtres humains, n’importe qui peut en abuser autant qu’on peut sans moindre interpellation de la conscience. On les tue sans autres forme de procès.

- Secundo, en ce temps-là, les militaires étaient solidaires entre eux, tout comme les civiles entre eux. Ils se permettaient toutes les violations des droits humains (Viols, confiscations des biens coups et tortures) mais tuaient rarement. Actuellement, ils tuent et tuent leurs compagnons de service identifiés comme issu des communautés visées. A leurs bourreaux se sont ajoutes une panoplie des milices Maïmaï des tribus voisines dites d’ethnie bantu, semi-bantou et pygmes, tous coalisées ensemble, et bénéficiant largement du soutien et de la couverture de l’armée régulière FARDC. Donc les civiles sont autorisés aussi à tuer.

- Tertio, il n y’avait pas l’idéologie de chasser une partie de la population qui sert de motif pour la tuerie aujourd’hui. Actuellement, les rwandophone tutsi du Nord-kivu étant déjà expulsés du pays, ils vivent en exil dans les pays limitrophes sans un avenir certain. C’est maintenant le tour de Banyamulenge et de Hema qu’on tente de déloger à travers des méandres varies.

Cet exposé va traiter du cas général du comportement de FARDC et se borner ensuite sur le cas spécifique de leurs exactions chez les Banyamulenge dans les Hauts Plateaux de Fizi, Mwenga et Uvira.


Complicité, et responsabilités des FARDC dans la destruction du pays

Qui dit armée, dit aussi gouvernement. Car il n’y a rien qui puisse se faire et se pérenniser par une armée non mutinée qui n’est pas commandité par le gouvernement. L’un étant, par excellence, un organe d’exécution de ce que l’autre conçoit, il est donc impossible de les dissocier dans cette relation de complémentarité. La faiblesse ou la force de l’un est indicateur significatif pour l’autre.

De ce fait, le FRDC sont une l’armée qui pousse le pays non seulement vers une balkanisation mais aussi l’anéantissement total tout en mettant la charges sur le dos des autres. Une armée qui conduit le pays dans un désordre chaotique qui dessine à coup sûr un désastre certain à l’horizon

Formée par les belges pour mater, tuer, assujettir, réprimer et opprimer la population, cette armée d’indisciplinés, s’obstine à garder cette vocation première quand il y a d’effort pour l’humaniser. Elle y met encore plus de zèle quand elle a la bénédiction des politiciens sans conscience et de l’administration corrompue sans aune vision de l’avenir du pays qui veulent le laisser-aller. L’article intitulé : Histoire militaire de la République démocratique du Congo précise que : « Si la Force publique constitua très tôt une force armée redoutée pour son extrême violence, elle fut vite confrontée à de nombreux problèmes de discipline au cours de son histoire» (Wikipédia, 2020). Ceci est une conséquence du choix dans le recrutement parmi des tribus les plus belliqueuses du Haut-Congo, fournissant ainsi des soldats les plus féroces du contingent de la Force Publique et « d’esclaves achetés aux trafiquants swahilis en échange d’un engagement de quatre ans dans la Force publique, soit d’enfants kidnappées lors de raids, ou bien encore d’hommes dont la famille est prise en otage et relâchée après incorporation. (Wikipédia, 2020)» ajoute l’article.

L’histoire de cette armée est un portrait sombre. Une armée toujours d’échec incapable, d’elle-même d’effectuer convenablement une moindre opération de maintien de la sécurité dans le pays sans l’appuis de l’intervention extérieur ou mercenaire. Les exemples sont multiples. En 1964 au Katanga, Mulele, Nsimba, Moba 1 en 1984, Moba 2 en 1985, AFDL, RCD l’ont obligée à faire appel à respectivement le mercenaire Bob Denard, les parachutistes belges, les marocains, les légionnaires français, les mercenaires yougoslaves, les angolais et les zimbabwéens. Et même jusqu’ à présent pour traquer les éléments de la FDLR qui règnent en maitre, elle doit faire appel à l’armée rwandaise. Il est à rappeler qu’à chacun de ces événements elle se tournait contre la population dont elle sensée protéger.

C’est une armée également laquelle des pays amis ont dû recourir par erreur, mais ont regretté de manière irréversible et désagréablement inoubliable. C’est le cas de l’Angola ou ils appuyaient Savimbi, du Tchad du temps de Hissène Habré contre Goukouni wedeye en 1986, le Rwanda de Habyarimana contre le FPR etc. les éléments de FAZ ont, selon leur tradition, laissé de côté leur mission et pillée simplement le pays pour lequel ils sont venu en aide, tout ce qu’ils trouvaient jusque même à kidnapper des femmes. On en a vu des filles et femmes tutsis à Goma amenées captives par les troupes du General Mayele.

Ce comportement peu respectable, auquel s’ajoutent des provocations à travers des discours pompeux des autorités congolaises exaltant une un triomphalisme fictif ne manquent pas de retombées. Tout ce pays déçu par un pseudo-secours sont devenu de ennemies. L’Angola n’a pas tardé à soutenir les gendarmes katangais dans ce que on appelle les deux guerres du Shaba en 1977 et en 1978, qui sans doute sont une conséquence de l'appui apporté par la RDC (Zaïre à l’époque) au Front National pour la Libération de l’ Angola (FNLA) et à Union Nationale pour l’Independence Total of de l’Angola (UNITA ) contre le Mouvement Populaire for the Libération de l’Angola (MPLA) pendant la guerre civile angolaise. Les rebelles katangais auraient pu prendre ou diviser le Congo n’eut été l’intervention de l’extérieur. Le Rwanda fit de même en soutenant et en appuyant l’AFDL en 1996 qui, au bout seulement de 7 mois, mit fin, avec succès à l’arrogance de Mobutu et de Gbanda, l’incarnation de la méchanceté. Ce dernier continue à faire le faux bourdon dans le pays où il s’est retranché en exil pourtant, sans oser marquer un pas pour le retour au pays qu’il a rendu poubelle.

Par une cupidité extrême, l’armée congolaise se créent du malheur. “Les gourmands font leur fosse avec leurs dents.” Disait Henri Estienne De Henri Estienne. Le trafic d’arme auquel il se livres ne pas sans retombées. Les Guerres de Moba en sont une conséquence. Les activités de la rébellion du parti de la révolution du peuple (PRP) laurent Kabila ont été facilite par certains officiers des FAZ, qui leur vendaient des armes ou même donnaient les détails des opérations que vont mener les soldats zaïrois. Enrichis par les opérations militaires, les officiers des forces armées zaïroises (FAZ) ne cherchaient donc pas à faire disparaître le maquis, première source de revenus. Ce qui occasionna Moba 1 et 2. Cette pratique existe encore à travers une mafia très complique, impliquant certains généraux supérieurs de FARDC, comme John Numbi, Gabriel Amisi et Charles Akili Mundos qui sont pour cette raison sur la liste noire des États Unit . Le rebelle Yakutumba, en septembre 2017, a failli prendre tout le territoire de fizi et une partie d’Uvira, y compris la ville même, avec les armes qu’il reçoit des FARDC. (Verweijen, 2017)


« While the official announcement of the coalition came in 2017, the idea of the CNPSC had been existent since around 2013. The coalition actually began to form in early 2017, with Yakutumba contacting Mai-Mai leaders around South Kivu. Yakutumba was aided by FARDC General Shabani Sikatenda, who worked to arm Mai-Mai groups and convince them to join up with Yakutumba. Sikatenda was an important factor in the creation of the Mai-Mai Malaika group, as he provided them weapons. Yakutumba additionally brought in commanders which he had fallen out with or had split from his group. These included Réunion Warusasa and Ebu Ela Kitungano. Yakutumba also contacted commanders north of Fizi Territory, the area which his group and most of the CNPSC are based and is also reported to have entered into an alliance with a Batwa commander in Tanganyika Province. » (Wikipedia,  2020)

Un pays avec une telle armée de traitre, ferait mieux de ne pas en avoir. C’est une honte pour un pays des humains, encore dans un monde moderne ou les droits des humains prévalent toutes les formes politiques, qu’une armée puisse organiser une destruction systématique de la population et du tissus économique pour des intérêts très mesquins. C’est pareil à scier une branche sur laquelle on est assis.


Complicité et responsabilités des FARDC dans la destruction des Haut Plateau de Fizi, Mwenga et d’Uvira


Trois ans durant, la communauté Banymulenge vit quotidiennement au rythme des attaques quotidiennes sanglantes. Mais de qui émanent-elles? Aujourd’hui, toutes les littératures actuelles sur les conflits qui déchirent les Hauts Plateaux opposant apparemment trois tribus (les Bafulero, les Babeme et les Banyindu) contre une seule de Banyamulenge, convergent à dire que les responsables numero un des troubles dans cette partie de la RDC sont uniquement la coalition entre maiamai (Biloze bishambuke, Yakutumba, Kashumba, Kibukila etc.) et les rebelles burundais (les Forces républicaines du Burundi(FOREBU) et le Front national de libération (FNL)) (Nations, 2020) contre Gumino et Twirwaneho. C’est en partie vraie. Ceux-là sont, en réalité, des responsables attitrés. Derrière cette coalition, il se cache un ennemi invisible, pourtant très actif et puissant, de qui dépend la survie ou l’anéantissement de cette contrée. Il s’agit bel et bien des Forces Armées de la République Démocratique du Congo (FARDC) qui sont des commanditaires de la coalition qui apparait sur scène. Premièrement, elles sont les principales actrices dans une guerre tribale par procuration, imposée aux Banyamulenges par le gouvernement. Deuxièmement, elles sont au service de la mafia congolaise, un réseau criminel clandestin de trafic et de vente d’armes et des minerais dont nous avons fait allusion ci-haut.

Dans un pays complètement désorienté sans repère, il faut trouver des justifications ou des bouc-émissaires pour payer le pot cassé et dévier ainsi l’attention du public sur des faux problèmes. On recourt fréquemment à la stigmatisation, au rejet et à la diabolisation des certaines communautés; armes très meurtrières qui donnent aux gouvernements tyranniques et incompétents toutes les bonnes raisons d’effacer sur la carte du monde (pour reprendre les mots de Lwabanji lwasi Ngabo ancien vice-gouverneur et maintenant ministre de la justice, toujours dans la province du Sud-Kivu). En effet, « dans cette agitation tonitruante, il s’agit tout simplement de la haine tribale et non du fondement juridique, ni historique. En réalité, la haine tribale n’est qu’un substrat sociologique et psychologique du racisme. » (NTEZIRYAYO, 2019) voilà l’origine du mythe de de la balkanisation. C’est l’origine du drame de Banyamulenge qui sont aux prises avec un adversaire fantôme qui est l’armée, et leur gouvernement alors qu’ils font face uniquement aux Maïmaï.

Pour mieux comprendre le contexte social dans lequel les conflits se déroulent, pressentons brièvement la contré.

Administrativement, les Hauts Plateaux sont un vaste étendu à cheval sur trois territoires à savoir Fizi, Mwenga, et Uvira. Bien qu’administrativement séparés sur la carte, ils sont le terroir des Banyamulenge, la tribu des éleveurs haïe et devenue cibles de toutes les agressions. En dehors de cette délimitation politico-administrative, il existe un autre non officiel, mais pas moins populaire, utilisé couramment par la population locale. C’est ainsi que on parle de : Indondo, (le nord), Hagati (centrale) se situe au-delà des rivières Kananganaga et Bijombo et en deçà de deux Elila), Mibunda (West) ; Minembe; Bibogobogo(Est); Mirimba( sud). C’est sur cette partie du pays appelé par extension Imurenge, devenue le théâtre des affrontements quasi quotidiens où se passent, depuis 2017, des choses pareilles à l’holocauste de juifs des années 1940-1946, et au génocide de de tutsi au Rwanda de 1994.

A part Bibogobogo et la partie Nord de indondo, qui, grâce aux alliances intercommunautaires, connaissent une paix encore fragile, (parce que, troublée de temps en temps par l’armée à Kageregere, et par les Maïmaï à bibogobogo; mais que la cohésion de la population ramène à un équilibre précaire,) les reste a été complètement détruis sous la supervision de l’armée congolaise.

Dans un pays où le gouvernement perd l’orientation et s’embourbe indéfiniment dans des théories ségrégationnistes, l’humanisme s’envole et les désordres prennent le dessus. La RDC est systématiquement est racisée au point où elle devient incapable d’établir les documents d’identités de citoyenneté. Pendant un quart de siècle, les citoyens sont identifiés sur base des critères de la largeur du nez et la forme des mâchoires. Tout ceci pour éviter une infiltration imaginaire de tutsi soutenue par la théorie des frontières poreuses conçue pour justifier que le mal congolais n’est pas endogène.

Mais Felix Tshisekedi n’a pas tardé à reconnaitre le tort en ce terme « je critiquais mes prédécesseurs quand j’étais dans l’opposition, mais devenu président de la république, j’ai compris que tous les problèmes que nous avons de l’Est avec insécurité jusqu’à la corruption caractérisée, c’est l’homme congolais qui est lui-même à la base » HU Infos. Son constat vient soutenir les observations de son père, Etienne Tshisekedi, à qui le peuple à la nuque raide a fait la sourde oreille.



La perméabilité présentée comme une menace en RDC est pourtant un atout partout ailleurs dans le monde déjà ou en voie de développement. Ces pays ont opté pour la libre circulation de biens et de personnes et ne sont pas de ce fait en conflit, y compris les voisins devenus bouc-émissaires, toujours pointés du doigt, à tort ou à raison, d’être à la recherche des terres à conquérir, eu égard à l’exiguïté de leurs territoires. Ils vivent en harmonie avec les pays avec lesquels ils ont signées des accords au grand enchantement de leurs populations. Il suffit d’avoir une carte d’identité kenyane, ougandaise ou rwandaise pour circuler librement dans ces trois pays. Pourquoi le Congo doit-il faire l’exception? Est c’est pour autant qu’il est sécurisé? Que dire de l’afflux chaque jour des milliers et de milliers des congolais vers le pays dont il barre les frontières avec? On en a entendu des cris de toute sorte, quand il y a eu fermeture des frontières pour éradiquer l’épidémie d’Ébola. Est-il possible dans un contexte actuel d’avoir un modèle de pays hermétiquement fermé comme un œuf? C’est de la stupidité de vouloir résoudre une simple question en remplaçant par une de plus aigüe. Est-ce pour autant que le pays n’a pas été envahi, à quoi servent ces mesures si non à faire souffrir la population? Tout ça, pour assouvir les sentiments passionnels abjects derrière un mobile qui fait honte : du racisme, de la jalousie et du complexe de Caïn, qui aveugle tout une nation entière et lui ôte le sens de l’humanité jusqu’ en vouloir à une communauté faisant partie de sa population pour n’avoir pas été créée avec un phénotype similaire?

On a assisté à la création spontanée des barrières partout érigées par des civiles, des milices et l’armée à la recherche d’un type de visage où se font les lynchages, les rançonnements, les viols et les mutilations. Tout le monde peut circuler librement dans la province et dans pays voisins sauf les Banaymulenge. Ils ne sont même pas libres de se déplacer d’un village à l’autre, du village au pâturage, du village au champs et vice-versa sans se faire accompagner, moyennant une somme d’argent qui pourtant ne leur garantit pas toujours la sécurité. Parmi leurs guides, il y a ceux qui leurs tendent des pièges. C’est trop pour une population déjà ruinées sur le dos de laquelle les FARDC vivent au dépend, par le biais d'exactions et de spoliations constantes.

La jeunesse est encore plus visée. Par le temps qui court, être un jeune Munyamulenge dans cette contré des cris et de larmes est un crime abominable. Ils grouillent dans les prisons et les cachots secrets, sous de tortures atroces quand ils ne sont pas exécutés. Ceci vient de durer des années et continue même aujourd’hui. Vor annexe 1

lettre de Shikama 9 sept 20
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On s’est toujours posé la question de savoir pourquoi les Banyamulenge seulement alors qu’il sont inscrit dans les palmarès des hommes intègres. Au Kenya ils ont été la seule tribu de toutes les autres réfugiées dans ce pays, dont aucun membre ne s’est fait enrôler dans le terrorisme. Au Congo, leurs représentants dans les instances gouvernementales sont cités comme les modèles de la sagesse. Bien plus, toujours au Congo, malgré les conditions inhumaines auxquelles ils sont soumis, ils ne se sont jamais hasardés à procéder aux enlèvements des expatries ou du personnel onusien comme font d’autres tribus. Au Rwanda ils sont considérés comme ayant contribué à ramener la culture d’intégrité et de bienveillances que le génocide avait détruit. Et même dans les pays occidentaux ou certain d’entre eux sont réinstallés, ils n’ont jamais connu d’incidents impliquant les communautés comme il en est chez le babembe

Pour certain, c’est la richesse de minerais enfuis sous leurs pâturages qui est la cause. Ceci pourrait s’appliquer pour des agressions en provenance des pays étrangers avec compagnies industrielles intéressées par les pierres précieuses. Mais ils sont partout au Congo mais partout il n’y a pas de troubles. Pour le congolais, le message est clair : « soit les exterminer, soit les renvoyer ‘chez eux’ au Rwanda. » (RUGABA, 2019) c’est pareil pareil à l’histoire de Caïn dans la bible.

Aucun écrit, aucun discours, aucune conférence, d’un leadeur Banyamulenge n’a jamais mentionné la balkanisation dont on évoque souvent. Le vocable n’existe même dans leur langue, mais il continue à fournir du vent moulin aux perpétrateurs des tueries. Quelques questions valent la peine : Pourquoi cette question hante les esprits congolais? Pourquoi l’embarra, l’angoisse d’une balkanisation fictive? Ne serait-ce pas parce que qu’ils sont conscients que les Banyamulenges en particulier et les Tutsis en général ont été laissé dans leurs droit quelque part, et que de ce fait, ils sont en droit de le réclamer un jour? la réponse exacte viendrait des auteurs de la théorie comme Bitakwira et ses compères. Au regard de ce que vit cette communauté, ne lui est-il pas légitime de réclamer un espace pour souffler? Et même si c’est ça ce qui sème la panique, faut-il massacrer pour étouffer dans l’œuf une revendication qui n’est pas encore faite? Il faut le reconnaître : un peuple ne peut se résigner à rester indéfiniment sous une persécution éternelle!

Les attaques sont continuelles à un rythme accéléré, si intenses qu’ils difficile de répertorier les incidents meurtriers. Juste pour donner l’idée de ces deux dernières semaines : le 22 aout 2020, il y a eu massacres des 5 jeune banyamulenge à Kitija (voir photo ici bas), en directions de leur village de Gatobwe et Chendajuru, groupement Luningu par les éléments de FARDC, sous le commandement du col Bigaya . Le 26 et le 29 août 2020 Kamombo et Gitasha sont la cible des attaque Maïmaï avec le FARDC qui emportent des centaines de vaches après avoir tué les bergers. Le 30 aout 2020, le Twirwaneho ont fait une contre-offensive à Bilalombili non loin de Mikenke et ont récupéré une partie de vaches pillées. Ce fut encore la guerre de chiffres. Les instigateurs parlent de 700 morts dans un village qui habite moins de 200 individus. Ils calquent les événements qui se sont déroulés au Haut Uélé pour le mettre sur le dos de Twirwanwho, privé de l’accès aux media pour démentir. Le lendemain, Le 1er septembre 2020, les éléments du général Dieudonné Muhima assassinent le policier Mucyo Sekangumwa Manadevu, attaquent en même temps le colonel Patrick tous deux sans aucun motif à part qu’ils ont un facies tutsi. Ils installent leur artillerie sur les sommets des collines et bombardent les villages de Kalingi, Ilundu et Gitavi deux jours successifs le 1er et le 2 septembre. La nuit du 3 au 4 le berger Rwagahirima Idnas est assassines à Baraka et certain de ses vache Massacrées. Le 4 septembre, le gouverneur Théo Ngwabidje Kasi, du retour de Kinshasa, annonce le renforcement de Frdc pour continuer à pilonner les villages. Entre temps les hommes du général Muhima approvisionnent les Maïmaï et les facilitent l’entrée à Minembwe. Le 7 septembre il y a eu attaque des Maïmaï et leurs alliés à Cyakira et Karungwe. Le 8 et le 9 septembre 2020, 7 villages de la périphérie de Minembwe sont assaillis par Maïmaï facilités l’entrée : Gakangara, Gahwera, Kabingo, Muriza, Masha etc., sont encore attaque pour la énième fois par les FARDC conjointement avec le Maïmaï. A rappeler que le rythme était encore plus accéléré avant l’intervention de col Michel Rukunda. Parfois il y avait plus de 3 attaques par jour et chaque jour jusque à ce que les villages soient détruits. C’est ainsi que toute la partie de Mibunda est tombe le 7 septembre 2019.


Mucyo Sekangumwa assassiné Le 1er septembre 2020 sous les ordres du gen.Dieudonné Muhima




Il sied de souligner que pendant que le monde entier s’impose les confinements les plus stricts pour éradiquer la pandémie du COVID-19, c’est le moment bien choisi pour combiner des attaques tout azimut sans soucis d’exporter la maladie vers ceux dont la famine et les maladies consécutives à la guerre imposée ont extrêmement affaiblie.



Les rébellions étrangères ne sont pas concernées ou inquiétées parce qu’ils ont été inviter pour collaborer. Les armées de leurs pays d’origine font régulièrement excursion pour le y neutraliser. Pris entre le marteau et l’enclume, Banaymulenge, sont devenus un champ d’exercice des tirs. Leurs biens spoliés ravagés razziés.

La tactique de se couvrir derrière le Maïmaï ayant échouée, les FRDC recourent à une persécution de la population Banaymulenge. Ces derniers sont soumis à tortures atroces pour les pousser à une révolte contre l’État afin de légitimer les massacres. Pour préparer l’opinion publique, toutes les déclarations vont dans ce sens que les Twirwaneho ont tiré sur le FARDC. On les persécute jusqu’ à l’extrême en même temps qu’on se sert de lois pour les empêcher se défendre. La détention d’une arme est illégale seulement pour l’autodefense banayamulenge quand il est légitime pour les Maïmaï, approvisionnés au su et au vu de tout le monde par l’armée.


Pour ce faire, les officiers qui y sont déployés, sont choisis sur base des critères de férocité. Muhima et Katembo tous deux ressortissants du nord Kivu sont là pour leur expérience de chasser les rwandophone tutsi du nord-kivu. Tandis que le col. Kibwana et le col Ekembe, tous deux Babembe, et col. Bigaya, Mufulero sont de Maïmaï en uniforme de FARDC. Ce sont des escadrons de la mort. A voir les conditions dans lesquelles ils soumettent cette communauté est soumise, c’est vraiment révoltant. Aucune âme qui a la conscience ne saurai résister sans s’insurger

L’unique fois que le général Jonas Muhizi alias Padiri dirigeait les opérations, il n’a pas pris plus d’une semaine pour avoir la situation soit sous contrôle. Pour que hostilités reprennent selon le plan, il a été vite rappelé d’urgence à Kinshasa et tout s’est gâché à nouveau. Dès lors, les instructions sont formelles : aucun officier de souche Banyamulenge ne peut plus être déployé dans cette partie. Cela veut dire en d’autres termes qu’il n’y a pas une volonté politique d’arrêter les massacres.


Responsabilité de la MONUSCO

La MONUSCO témoins de tout ça, reste un acolyte fidèle de FRDC dans ses violences et violations des droits humains sous prétexte de soutenir un processus incertain qu’elle est pourtant sure qu’il n’aboutira pas aux résultats escomptés. Répondant aux questions des journalistes à ce propos, au cours de la conférence hebdomadaire des Nations-Unies tenue le 2 septembre 2020 à Kinshasa, la cheffe de la MONUSCO a encore, pour la énième fois, répété sa déclaration, disons plutôt, son serment d'allégeance : « Nous sommes là pour appuyer les FARDC, pour appuyer les autorités… » Sous informée, elle va même jusqu’à confirmer les incriminations calomnieuses au sujet du prétendu massacre de étudiants en examen à Bilalombili.

Il est à noter que les rapports produits par des organismes étrangers supposés neutres sur les conflits sur les Hauts Plateaux ne reflètent en aucun cas la réalité. Ce sont des rapport établis sur base de la lecture d’une documentation déjà fausse au départ. Les documents auquel ils se réfèrent sont soit des rapports de l’administration dont les penchants sont connus d’office, soit des certains organismes, en tout cas, pas exempts de l’impartialité comme le Bureau conjoint des Nations unies aux droits de l’homme en République démocratique du Congo (BCNUDH).

Dans une ambiance qui légitime la méfiance, il ne suffit pas de dire que le rapport a été produit par tel ou tel organisme comme il en est le cas ici du BCNUDH sans vérifier la composition de l’équipe d’enquêteur et rédacteurs, leurs appartenances tribales et leur tendance politique. Car c’est de la que se passe toutes des magouilles. Les vrais documents résulteraient d’une descente sur terrain et tiendraient compte de tous ces paramètres. La consultation concernerait toutes les parties en conflits.

Quoi que disent descendre sur terrain, les rédacteurs d’un ou d’autre organisation se recrutent exclusivement parmi les ennemis des Banyamulenge. Du moment où les équipes des investigateurs partent de Bukavu, la capitale de la province du Sud-Kivu, on ne comprend pas pourquoi elles n’associent pas dans leurs enquêtes les membres de la communauté Banyamulenge. Il y a des grandes notabilités compétentes, qui ont même œuvrée dans l’administration territoriale, provinciale et même nationale qui maitrisent la question et le milieu. Aussi longtemps que leur recrutement dans les organisations non gouvernementales tant nationales qu’internationales demeure un tabou, il faut sous-entendre l’existence d’un complot. Vouloir étouffer la vérité ou effacer la réalité c’est pareil à vouloir voiler le soleil. Quel que soient les nuages épais, il finit par briller.

A défaut d’avoir une autre instance à laquelle on peut faire recours, les Banyamulenge continuent à crier dans le désert en demandant au gouvernement et au FRDC, qui les déçoivent, de prendre leurs responsabilités. Peine perdue. Le gouvernement en profite pour changer ses stratagèmes et renforcer ses stratégies pour les anéantir comme, il été démontré dans l’article : La Quarantième réunion du Conseil des Ministres de la RD Congo du 17 juillet 2020 : Une décision discriminatoire et inquiétante sur les groupes d’autodéfense civile Banyamulenge de Twirwaneho, Android et Gumino en Territoire de Mwenga, Fizi et Uvira, du 18 aout 2020, d’Oscar NIYONGABO BUZI

L’unique secours restante, c’est la communauté internationale qui est, elle aussi, embourbée dans les rapports documentaires totalement différent de la réalité sur terrain. Aussi longtemps qu’elle trouve des justifications et que cela ne gêne en rien la prolongation de ses missions, elle endort paisiblement la conscience, tant qu’elle sent couvert.

Je reste convaincu que le retrait des FARDC de Hauts Plateaux peut favoriser le retour de la paix. Les sages eux-mêmes sont capables de signer des accords plus effectives et efficaces. Déjà dans certains coins mentionnés ci-haut, ils l’ont fait de leurs propres initiatives et cela réussi. Seule la présence des FARDC vient de temps en temps perturber la quiétude.

Il faut rappeler que pareilles initiatives, ne datent pas d’aujourd’hui. Durant les deux grand rebellions de AFDL et du RCD respectivement en 1996 et 1998, l’alliance entre, d’une part, Mulebela, Mubembe, et d’autre part, Mutumitsi Antoine, Munyamulenge tous deux octogénaires à l’époque, et amis et voisins dès l’enfance, a préservé pendant longtemps la destruction du village de Maheta. Conscients qu’il n’avaient pas le pouvoir de se protéger mutuellement, ils se sont engagés de rester ensemble, partager les peines et les joies. Et si par malheur l’un est tué par les membres de la communauté de l’autre, que le survivant l’enterre en toute dignité. Voilà tout! Il n’y a rien de si simple que cela mais qui porta des fruits inattendus : la paix était revenue sans effusion du sang, et les vies des innombrables étaient épargnées. Au-delà de l’histoire lu, il existe d’autres tues qui ont peut-être plus de valeur.


le 14 septembre 2020

Paul KABUDOGO RUGABA


Références


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