DÉCLARATION OFFICIELLESUR LES ARRESTATIONS ARBITRAIRES ET LE CIBLAGE ETHNIQUE AU SEIN DES FARDC
- Paul KABUDOGO RUGABA
- il y a 3 jours
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Pax Nobiscum exprime sa plus vive inquiétude et sa profonde indignation face à la poursuite des arrestations arbitraires visant des officiers supérieurs des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC), sur fond de ciblage ethnique manifeste.
Nous avons appris avec consternation l’arrestation du général Bolingo, officier supérieur issu de la communauté banyamulenge. Invité à Kinshasa il y a environ deux semaines dans un cadre officiel, il a été logé dans un hôtel avant d’être immédiatement placé sous surveillance, privé de tous ses moyens de communication, interdit de déplacement, puis finalement incarcéré sans procédure judiciaire transparente.
Cette arrestation intervient après celles du général Jonas Padiri, du général Obed Rwibasira, du généra Ruhorimbere etc., et s’inscrit dans une série inquiétante de détentions arbitraires. Le général Bolingo est aujourd’hui détenu au secret, privé de tout contact avec sa famille, dans des conditions opaques laissant craindre des actes de torture physique et psychologique, en violation flagrante des lois nationales et des conventions internationales relatives aux droits humains.
Notre organisation constate que la majorité des officiers ciblés sont soit originaires de la région du Katanga, soit issus de la communauté tutsi du Nord-Kivu, soit des Banyamulenge du Sud-Kivu. Ce schéma récurrent ne saurait être interprété comme une coïncidence. Il révèle un ciblage ethnique systématique et une purge préoccupante au sein de l’appareil sécuritaire de l’État.
Les accusations portées contre ces officiers — notamment des allégations de collaboration avec de prétendues Forces de libération du Congo opérant à l’est du pays — sont manifestement infondées, non étayées par des preuves crédibles et apparaissent comme des prétextes politiques destinés à justifier des arrestations illégales.
Pax Nobiscum dénonce également l’instrumentalisation de la justice congolaise, aujourd’hui réduite à un simple outil au service du pouvoir exécutif, incapable de garantir les droits fondamentaux des citoyens et des militaires concernés.
Face à cette situation grave, notre organisation :
Exige la libération immédiate ou la comparution régulière devant une juridiction compétente de tous les officiers arbitrairement arrêtés ;
Demande la garantie de leur intégrité physique et morale, ainsi que l’accès immédiat à leurs familles et à leurs avocats ;
Appelle à l’ouverture d’une enquête indépendante, nationale et internationale, sur ces arrestations et sur les allégations de torture ;
Interpelle le gouvernement congolais sur ses obligations constitutionnelles et internationales en matière de droits humains et de non-discrimination.
Nous appelons enfin la communauté internationale, les Nations unies, l’Union africaine, ainsi que les organisations de défense des droits humains, à sortir du silence et à assumer leurs responsabilités. Le mutisme face à ces violations constitue une forme de complicité.
Pax Nobiscu réaffirme son engagement indéfectible pour la justice, l’égalité devant la loi et la protection de toutes les communautés sans distinction. Elle refuse que la loi de la jungle remplace l’État de droit en République démocratique du Congo.
Fait le _04 janvier 2026
Pour Pax Nobiscum Paul Kabudogo Rugaba



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