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  • Paul KABUDOGO RUGABA

Quand les Pyromanes Jouent aux Pompiers, Quel Sera le Terme des Choses ?

Dernière mise à jour : juil. 16

Après l’affaire Kipupu amplifiée à outrance, c’est maintenant le tour de l’installation de la commune de Minembwe qui défraye la chronique et permet à d’autres sorciers de se dénicher. Cette fois-ci, ce sont de gros dinosaures qui se déterrent de leurs fouilles ou se font attraper dans leur propre filet. A la tête, Felix Tshisekedi, président de la RDC, qui mérite aussi bien d’autres titres pas du genre honorant.

Dans Un vidéo documentaire qui circule sur des réseaux sociaux, le chroniqueur dit :« Avec un cabinet composé 89 pourcent de gens d’une espace linguistique dont 60 pourcents ont un lien de sang direct dans un pays composé de plus de 450 ethnies, Antoine Félix Tshisekedi confirme qu’il est le président le plus tribaliste non seulement de la RDC mais aussi du monde. » Mais il faut ajouter qu’avec sa déclaration du 8 octobre 2020 à Goma de sursoir l’installation de la commune de Minembwe et les menaces de la déchoir pour des motifs peu nobles, il vient de confirmer une fois de plus, les propos de l’auteur du vidéo. A-t-il au moins la notion de la continuité de l’état ?

Par cet acte, il s’est maintenant inscrit sur le registre des ceux qui rendent la vie de Banyamulenge invivable. Est-il sous la houlette de Maimai notamment Bitakwira et Kaliba Pardone, et des politiciens en mal de positionnement comme Fayulu ? Un président en tant que politicien, doit convaincre et non céder à une pression de personne sans âme ni conscience. Il vient de ce fait, de légitimer officiellement la campagne de diabolisation de Banyamulenge qui se faisait officieusement par le Babembe et les Bafulero derrière l’étiquette de Maimai.

Quoi qu’il en soit, de son attitude déplacée en est résulté un effet souhaité. Le monde commence à tirer l’attention au jeu clandestin qui se joue sur les Hauts Plateaux de Fizi, Mwenga et Uvira. Quelques envoyés spéciaux des médias internationaux sont arrivés à Minembwe pour se rendre compte d’une situation catastrophique à laquelle ils sont restés pendant longtemps cloisonnés quand les locaux se sont montrés avares des commentaires pour ne laisser rien transparaitre. Même la MONUSCO et le prix Nobel Denis Mukwege commencent à changer timidement le ton, après qu’il eut gardé la bouche cousue durant trois ans de carnage, pour ne faire que leurs sorties médiatiques tendineuse sur l’évènement simulacre de Kipupu. Ils ont compris que l’accordéon qu’ils voulaient jouer risquait de faire d’eux des comédiens de mauvais goût. Même le général Muhima, commandant des opérations à Minembwe, qui avait juré l’inimitié aux Banyamulenge n’approvisionne plus régulièrement les Maimai comme il le faisait peu avant. Nettement, la force de frappe de ces bourreaux des Banyamulenge s’affaiblie sensiblement au point qu’ils font maintenant recours aux FDLR.




Il y a à espérer un changement à l’issu de ces visites de l’extérieur. Il est très souvent difficile de plaider sa cause quand on n’a pas la bénédiction des puissances occidentales et surtout quand on n’a pas un cadre quelconque (territoire ou un pays propre, forte organisation bien connue…). Tant que des voix étrangères ne hausseront pas le ton pour dire assez avec des tueries, des tracasseries, d’oppressions exercées sur la communauté Banyamulenge, le drame persistera. Pour hausser cette voix, cela ne coute rien que la bonne fois, avoir un cœur compatissant et un sens humanitaire. Il y a eu des massacres partout où ils vivaient Seul le massacre de Gatumba est commémoré, parce qu’il y a eu une voix étrangère (les médias) qui l’ont dénoncé.

Malheureusement, ces puissances étrangères, en générale, ne bougent que quand leurs intérêts sont menacés. Ils préfèrent une attitude de complaisance avec des pouvoir en place quoique informées de leurs abus. C’est ainsi que on entend des discours stéréotypés qui frôlent sciemment la réalité: « nous condamnons des violences... », sans jamais pointer du doigt les commanditaires, comme si ces violences sont un résultat du hasard. Parfois, de manière inverse, ils condamnent, au nom de la préservation des bonnes relations bilatérales, les victimes qui ne disposent d’aucune place dans l’espace médiatique pour démentir

Il est une question fondamentale. Pourquoi la propagande négationniste est seulement dans les colonies belges et de surcroit, contre une seule ethnie partout ? La Belgique s’est toujours réfugiée dans le silence devant le drame consécutif à sa politique coloniale. L’incapacité de dénoncer toutes les tueries et massacres dont les Banyamulenge sont victimes vient de là. Je pense qu’il est temps que la Belgique sorte de sa cachette et se prononce pour éclairer l’opinion international sur la question qui résulte de son occupation, et de son administration, voire même qu’elle réponde à sa politique divisionniste dans ses anciennes colonies.

Revenons à nouveaux sur la fameuse déclaration de Antoine Félix Tshisekedi quand il dit :"Pour moi, le salut du peuple est la loi suprême et je ne peux pas laisser un peuple, surtout le mien, un peuple au Congo, en danger. Voilà pourquoi j’ai décidé de purement et simplement annuler ce qui a été fait jusqu’ici." Voilà une ségrégation ou un apartheid dans toute sa forme et toutes ses couleurs. Il va même à dire qu’il ne cèdera même pas un centimètre et annonce la suppression de la commune comme moyen de protéger l’intégrité du territoire. Y-a-il vraiment lien logique, entre la création de la commune de Minembwe la cession de cette partie à l’étranger ? C’est dire en d’autres termes que les Banyamulenge ne sont pas citoyens et que de fait ils ne peuvent pas jouir des services de l’Etat qu’il compare à une cession d’une espace aux étrangers.

Il y a un phénomène bizarre et obscur qui devrait éveiller les soupçons. On s’attaque globalement à tous les Banyamulenge sans exception, qu’on accuse injustement de vouloir balkaniser le pays alors qu’aucun membre de cette communauté n’a jamais manifeste cette tendance ni fait une déclaration de genre. Ceux qui ont cette tendance sont bien connus et le déclarent ouvertement. Mais personne ne les pointe du doigt. Récemment, les drapeaux d’une nouvelle république ont été hissés à Bukavu. La province du Katanga ne cesse d’annoncer sa sécession, les Babembe avec Yakutumba ont déjà tenté. Et même à présent n’ont pas encore renoncé. Cette idéologie existe, belle et bien, et de manière active, depuis l’accession du pays à l’indépendance chez les Nande à Beni avec Paluku et chez les Bakongo. Pourquoi alors faire de Banyamulenge le bouc émissaire d’une affaire qui n’est pas la leur ?

Dans son article : Tirs croisés sur Azarias Ruberwa Manywa, une conséquence de l’ingratitude, Raphaël Kiwongi Matondo dit que : « Quarante-huit heures après la décision du président Félix-Antoine Antoine Félix Tshisekedi Tshilombo d’annuler l’installation de la commune de Minembwe, certains acteurs politiques et de la société civile, ne prennent aucune précaution dans la diabolisation des Banyamulenge voire à ce qui ressemble à l’incitation à la haine contre les membres de cette communauté. » Pourquoi accentuer les critiques contre les Banyamulenge dans une affaire qui n’en est plus une ? s’interroge Raphael. Ça été le moment attendu par Muhindo Nzangi de dévoiler sa vraie face de négationniste, du genre Bitakwira, Kaliba, Mubake, Kwebe, Gbanda, Muyengo etc. Originaire de Beni où il a allumé un feu qui ne consume pas, il vient prêter main forte dans l’attisement de celui entretenu par ses coéquipiers qui tend à s’amenuiser au Sud Kivu.

On peut dire sans enfreindre à la réalité que c’est le temps ou les noms de Banaymulenge, commune rurale Minembewe, Me Azarias RUBERWA et Me Moise Nyarugabo ; ces mal-aimés de leurs compatriotes, sont pendus sur les lèvres de tout congolais. Toute l’espace médiatique national est saturée par les menaces proférées à leur endroit, et cela pendant des mois. Vont-ils enfin voir les couleurs du bonheur ?

Le propos de Antoine Félix Tshisekedi n’ont fait qu’envenimer la situation d’une communauté en désarrois, avec un cœur déchiré par le tourbillon d’une passion d’une haine tribale viscérale. Ils donnent à même temps libre champ au falsificateur de l’histoire d’étendre le mensonge et leurs diffamations. On voit des journalistes, d’éminents professeurs des universités bourrées des théories et porteurs de cumul des diplômes des doctorats se pointent sur de plateaux face à un bergers qui, à peine sait lire et écrire, pour débattre sur un sujet d’histoire de traçage des frontières de la RDC. Ceci est-il vraiment juste? De ce que l’on tire de lui est grossièrement généralisé comme engeant tous les Banaymulenge.

Et même s’il s’agirait d’une confrontation entre des docteurs en histoire, il est une réalité indéniable et vraie pour l’ensemble de la population congolaise et même africaine : On ne saurait jamais donner des précisions des faits et des dates quant aux mouvements migratoires des peuples, car à l’époque, il se passaient, il n’avait pas d’écrits. L’histoire précoloniale que nous disposons est une construction et reconstitution faite des siècles plus tard par des européens. L’origine lointaine d’un peuple serait difficile à établir en se basant uniquement à leurs écrits. Il peut paraitre compromettant d’admettre que les légendes et récits oraux qui ont été transmis d’années en années aient été mieux retenus par les écrivains qui ne connaissaient rien la lagues des autochtones et surtout quand on sait que tout était dicté par l’agenda colonial d’étendre la domination en divisant.

Devant cette réalité, on qualifierait de ignorants, ces pseudo érudits de la rhétorique congolais qui montent sur les créneaux pour exhiber leur éloquence, en remettant en cause l’histoire lointaine de l’installation des Banaymulenge au-delà de la rivière Rusizi. Qu’ils commencent à remettre en cause la leur car, c’est un secret de polichinelle que tout le monde est venu de quelque part et que personne ne porte l’ADN de l’argile congolais.

Nombreux sont ceux qui se cachent derrière l’appellation journaliste pour appuyer les tendances divisionnistes et racistes. C’est clair comme le nez au milieu du visage, que sous cette robe, ces pseudo-journalistes, loin d’être de ceux qui éclairent l’opinion, sont des véritables incitateurs au même titre que les pyromanes. Visiblement partisans dans leur manière d’animer les débats, ils sont un appui manifeste pour certains contre les autres.

La justice devrait poursuivre ceux-là qui trouvent du plaisir dans les humiliations, d’une communauté sans défense, complètement désarmée, à la recherche des droits les plus fondamentaux, mais aussi les plus simple, de se voir vivre en paix sans tourments comme les autres. Ils rendent le pays ingouvernable. On entend d’eux que des mots qui font du mal, des mots sans amour, qui ne laissent aucune place à la tolérance. Personne n’a le courage de demander pardon aux compatriotes dont ont considérés à tort comme de ennemis, aux frères avec qui pendant des années, on a partagé les beaux et les mauvais moments d’une vie complétives, bercée des alliances par des échanges de troc des produits agricoles contre les produits d’élevage. Graduellement une séparation brutale, de l’amitié qui passe à la haine, pendant une génération entière. De tout cela, il ne reste que malaise sans remède, une nostalgie d’une relation de cohabitation, sur laquelle on aurait dû mettre un nom et dont personne ne se soucie de raccommoder. Le Congo a inauguré une nouvelle ère, celle où l’on s’attarde aux différences. C’est l’œuvre de la politicaillerie.

Le professeur Mubake, président de l’UDPS, parti de Tshisekedi, un politicien à la mémoire courte, qualifie d’arnaque politique, tout ce qui a été fait par les leader Banyamulenge et s’engage dans la voie du rejet xénophobe pour les indisposer. Il n’a aucun scrupule de comparer les Banyamulenge a un cancer. Malgré ses étude universitaire, Mubake un militaire sous Mobutu, condamne à ne jamais dépasser le grade de sergent, il ne sait pas distinguer le constitutionnel d’intentions personnelles.

Maintenant, ce qui était le mérite et la fierté de Banyamulenge leur est retournée contre eux comme une offense à la nation, Raphaël Kiwongi Matondo ajoute « Vantés hier pour les sacrifices consentis par leurs enfants pour mettre fin au long règne du dictateur Mobutu SeseSeko, les Banyamulenge sont traités aujourd’hui, drôlement, d’étrangers dans le Sud-Kivu, d’où avait commencé la guerre dite de libération ». Et même la constitution actuelle de la RDC est l’œuvre même de l’une de leurs notabilités à savoir Azarias RUBERWA, actuellement dans une situation dilemmatique, trahi par des supposés être compatriotes qui se le passent les uns les autres sadiquement, comme les joueurs le font pour le ballon. Lui et Moise NYARUGABO sont la cible des journalistes, des politiciens et de théoriciens académiques qui leur tendent de questions pièges, non pas pour savoir la vraie histoire, mais pour les laisser tomber dans ce qui qu’ils prétendent être contradiction et trouver de quoi faire le sarcasme, les humiliations. Quel sadisme ? La raison n’a plus de place, c’est la force du nombre qui impose sa loi. Devant une administration intransigeante, les explications restent lettre morte

On peut se demander et se demander à nouveau, mais rien ne justifie la réaction du président. « Il n’y a rien qui se dit dans l’ivresse s’il n’était pas prémédité » dit-on. L’installation de la commune a donné une impulsion à Antoine Félix Tshisekedi d’exprimer tout haut ce qu’il pensait tout bas. Durant trois ans, une communauté située dans les limites de son pays est persécutée au-delà de ce que l’on peut imaginer. Il a fait des promesses vite classées sans suite dans les tiroirs. Mais de qu’un acte administratif s’inscrivant dans un processus normal duquel on attendait d’une façon ou d’une autre une solution, alerte toute l’autorité du pays demeurée jusque-là insensible aux cris de la population. Y a-t-il de quoi violer les procédures ? comment peut-on corriger ce que l’on qualifie à tort de vice de procédure par une violation fragrante de procédure et de la loi. Qui a tort entre Antoine Félix Tshisekedi qui sursoit la procédure et Lwabanji qui a installee officiellement les animateurs ?

Plus que Minembwe, les hauts plateaux ont besoin de plusieurs communes pour la simple raison que cette région enclavée en tout point de vue, n’a non plus accès aux services de l’état et aux différents resources. Pour se rendre à Mwenga un habitant de Maheta doit faire quatre ou cinq jours non seulement de marche à pied (pas de route), mais aussi dans des conditions périlleuses au risque de sa vie. Pour un État soucieux de servir toute la population, c’est un impératif. Pour le Banyamulenge c’est plus qu’une nécessité, car, cette communauté étant injustement haïe des autres, ils sont mal accueillis une fois à leur destination. Pour avoir un simple service, Il existe tant de tracasseries qui ne s’applique qu’au Banyamulenge. Ils doivent prouver qu’ils sont congolais. Considérés comme des étrangers, ils sont victimes de discriminations : arrestation arbitraire, restriction de liberté de mouvement. La présentation des identités ne suffit pas pour le prouver. D’ailleurs, elles sont saisies et érigées en infraction sous prétexte que leur acquisition est frauduleuse. Il faut payer lourdement pour les récupérer. Pour un même service, Il faut payer le double, le triple voire quintuple de ce que les autres payent parce que traités comme des non ayants droit. La communauté Banayamulenge est alors la vache laitière que tout personne avec une petite parcelle d’autorité doit exporter à loisir sans moindre remord sur la conscience.

Il existe des barrières tans civiles que militaires qui n’arrêtent que les Banyanyamulenge. Ce sont des véritables centres de rançonnement officiellement bien connus. Plus que rançonnés, ils sont battus quand ils ne sont pas tués. Tout se fait sans scrupule paracerque c’est devenu normal. Les autres peuvent passer librement sans moindre inquiétude sauf les gens au visage visé.

Pourquoi cette haine inouïe, absurde et obstine à vouloir nuire à tout prix cette pauvre communauté ? Rien ne saurait expliquer les raisons d’un tel acharnement à part l’absence d’une volonté politique de mettre fin aux dérapages.

Aujourd’hui nous vivons une situation tendue laquelle nous n’avons pas voulu. Nous nous entretuons du jour au jour sans que les vrais auteurs de la situation (les pays de l’Europe qui au mépris des peuples africains ont partagé l’Afrique de leurs grès) ne s’inquiètent pas. Faut-il continuer ce calvaire pour ne pas changer une mesure si injuste et aux conséquences catastrophiques des spectateurs sadiques. Faut-il continuer à mourir au nom de l’intangibilité des frontières établies par la conférence de Berlin de 1885 qui sont à la base de nos misères ?

Lors de cérémonies de commémoration des génocides on ne cesse de dire : « Génocide Never again ». Ban Ki Moon lui ira jusqu'à dire que ; » personne ne devrait demander la permission pour aller empêcher les tueries… (discours du 7 avril au stade de Kigali lors de la célébration de la 20eme commemoration du génocide de tutsi en 1994 au Rwanda). Pourtant, les pays représentés gardent silence ou font la sourde oreille quand tous les éléments d’un génocide en cours sont réunis. Il se perpétue maintenant la tradition de faire un semblant de regret après que la catastrophe s’est terminée, ou même garder silence si les évènements tragiques se terminent en faveur des bourreaux. On manipule des discours évasifs pour cajoler leurs consciences, et l’affaire se termine ainsi. C’est ainsi qu’interviennent les influences étrangères sous l’apparence des humanitaires pour asseoir les pouvoir corrompu dont ils parrainent. Voilà ce qui explique les opérations françaises au Rwanda, en République Centre Africaine… et c’est peut-être ce que vont faire les américains dont on voit signer des accords de coopération militaire avec la RDC.


Le 8 novembre 2020


PAUL KABUDOGO RUGABA

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