RDC : Quand l’instruction se sépare de la sagesse, les peuples deviennent les victimes de leurs propres élites
De la rhétorique politique à l’autodestruction collective

En République démocratique du Congo (RDC), une confusion persistante semble s’être installée entre l’instruction, l’intelligence et la sagesse. Certains intellectuels donnent l’impression de croire que la maîtrise du français, notamment lorsqu’elle s’accompagne d’expressions recherchées et de formules empruntées au langage académique, constitue une preuve suffisante de supériorité intellectuelle. Cette conception élitiste de l’instruction mérite pourtant d’être remise en question.
L’intelligence ne se mesure ni à la sophistication du vocabulaire ni à l’élégance des discours. Elle se manifeste notamment par la capacité à comprendre une situation, à s’y adapter, à anticiper ses conséquences et à trouver des solutions pertinentes aux problèmes auxquels une société est confrontée. La sagesse, quant à elle, suppose la capacité de discerner, de prévenir les catastrophes et de privilégier le bien commun aux intérêts particuliers.
En politique, ces qualités sont essentielles. Un bon dirigeant ne se contente pas de convaincre par ses paroles : il doit surtout savoir prévenir les crises, protéger les populations et créer les conditions d’un avenir meilleur. Gouverner, c’est anticiper les dangers plutôt que de les exploiter, apaiser les tensions plutôt que de les instrumentaliser et construire la paix plutôt que de préparer les prochaines confrontations.
Or, depuis l’indépendance de 1960, l’histoire politique congolaise a été marquée par des crises successives, des conflits armés et des violences dont les populations paient encore le prix. Les discours politiques abondent, les promesses se multiplient, mais la paix demeure fragile dans plusieurs régions du pays. Cette contradiction pose une question fondamentale : à quoi sert l’instruction si elle ne permet pas d’éviter les catastrophes humaines ?
La sagesse coutumière : un héritage à réexaminer, et non à mépriser
Avant que les institutions modernes ne prennent leur place, de nombreuses communautés africaines disposaient de mécanismes coutumiers de médiation et de résolution des conflits. Ces mécanismes variaient selon les peuples et les régions, mais ils reposaient souvent sur la recherche d’un compromis, la réparation du préjudice et la restauration des relations entre les familles.
Dans certaines traditions, un conflit né du vol d’une poule, d’un panier de manioc ou d’un animal domestique pouvait être soumis à l’arbitrage des anciens. L’objectif n’était pas uniquement de désigner un coupable et de le punir, mais aussi d’empêcher qu’un différend individuel ne dégénère en affrontement collectif.
Dans les situations les plus graves, certaines coutumes prévoyaient des compensations symboliques ou matérielles destinées à soutenir la famille endeuillée. D’autres pratiques pouvaient chercher à rapprocher les familles par des alliances matrimoniales ou des liens sociaux durables. Ces traditions, qui n’étaient ni uniformes ni exemptes de limites, poursuivaient néanmoins un objectif essentiel : empêcher que la douleur d’une famille ne devienne le motif d’une vengeance interminable.
Il convient de reconnaître que toutes les pratiques anciennes ne sont pas nécessairement compatibles avec les principes contemporains de justice, d’égalité et de protection des personnes. Les coutumes doivent donc être comprises dans leur diversité, évaluées avec discernement et, lorsque cela est pertinent, adaptées aux exigences des droits fondamentaux.
Cependant, il serait tout aussi regrettable de rejeter en bloc les ressources de médiation, de solidarité et de réconciliation que certaines traditions ont développées au fil des générations. La modernité ne devrait pas signifier l’abandon systématique de tout héritage culturel. Elle devrait plutôt permettre de conserver ce qui favorise la paix et de corriger ce qui porte atteinte à la dignité humaine.
Quand un différend mineur devient une tragédie collective
Le témoignage d’un ancien commandant de brigade, ayant participé à plusieurs opérations de sécurisation et de pacification après des épisodes de violence, illustre la gravité de cette question. Selon son expérience, des conflits meurtriers peuvent parfois prendre naissance dans des incidents apparemment insignifiants.
Il rapporte avoir connu des situations dans lesquelles le vol d’une poule a déclenché une guerre, tandis qu’un différend portant sur un panier de manioc a provoqué des victimes de part et d’autre. Il évoque également un conflit lié à une affaire impliquant une femme, dont les conséquences auraient dépassé les frontières locales pour prendre une dimension sous-régionale.
Ces récits, qui relèvent de son témoignage et de son expérience professionnelle, illustrent un phénomène plus large : ce n’est pas toujours la gravité initiale du différend qui détermine l’ampleur de ses conséquences. C’est souvent l’incapacité à le contenir, la volonté de vengeance, la manipulation identitaire et l’absence de mécanismes efficaces de médiation qui le transforment en catastrophe.
Lorsqu’un incident personnel devient une affaire de clan, d’une tribu, qu’un différend familial est présenté comme une offense à toute une communauté et que des responsables politiques encouragent la mobilisation identitaire, le conflit change de nature. La recherche d’une solution cède la place à la logique de représailles.
L’expérience de terrain devrait donc nous conduire à une conclusion essentielle : la prévention des conflits exige autant de discernement social et de maîtrise des tensions que de moyens militaires. La pacification durable ne saurait se limiter au déploiement de forces de sécurité. Elle doit aussi s’appuyer sur la médiation, la reconstruction des liens sociaux et le développement des communautés.
Des élites qui parlent de paix tout en alimentant les divisions
Le problème devient particulièrement préoccupant lorsque des personnes instruites mettent leur savoir, leur influence et leurs compétences oratoires au service de la division. La maîtrise d’une langue étrangère, même remarquable, ne garantit ni le sens des responsabilités ni la capacité de servir l’intérêt général.
Certains discours politiques, y compris ceux formulés dans un français particulièrement recherché, peuvent contribuer à légitimer la haine, à entretenir les préjugés et à présenter les membres d’une communauté comme des ennemis collectifs. Lorsqu’ils sont relayés par des personnes jouissant d’une autorité intellectuelle ou politique, comme le ministre Muyaya, l’opposant politique et candidat à la présidentiel, Martin Fayulu, les députés comme Claude Misare, Bitakwira Justin, le ministre Nzangi Muhindo etc., ces discours peuvent acquérir une influence considérable.
Il ne s’agit pas de condamner les intellectuels dans leur ensemble, encore moins de nier le rôle essentiel qu’ils peuvent jouer dans la transformation de la société. Il s’agit plutôt de rappeler qu’un diplôme impose des responsabilités et qu’une parole influente doit être évaluée à l’aune de ses conséquences.
L’intellectuel véritable ne devrait pas se contenter de commenter les crises. Il devrait contribuer à les comprendre, à en identifier les causes et à proposer des solutions. Il devrait être capable de contredire sa propre communauté lorsque celle-ci commet des injustices, de dénoncer les manipulations et de défendre les principes de justice même lorsque cela lui coûte en popularité.
À l’inverse, lorsque l’instruction devient un instrument de domination symbolique ou de propagande, elle perd une partie de sa fonction sociale. Le prestige du langage masque alors la pauvreté du jugement.
Le tribalisme comme instrument de mobilisation et de destruction
En RDC, les identités communautaires occupent une place importante dans la vie sociale et politique. Elles peuvent être des sources de solidarité, de mémoire et d’appartenance. Le danger apparaît lorsqu’elles sont transformées en instruments de mobilisation contre d’autres groupes. La coalition de Babembe, Bafuliro, Bavira et Banyindu contre les Banyamulenge. C’est phénomène qu’on a toujours remarqué mais qui s’amplifie avec l’arrivée au pouvoir de Mr Antoine Felix Tshisekedi. Les Baluba, sa tribu, se sont ligués pour écraser d’autres communautés, surtout swahiliphones, afin de le maintenir à vie à la présidence. La formule populaire « Boma ngai, naboma yo, tobomona » — que l’on peut comprendre comme une logique de destruction réciproque — résume tragiquement cette impasse. Elle exprime une dynamique dans laquelle chaque camp justifie sa violence par celle de l’autre, jusqu’à ce que la vengeance devienne une fin en soi.
Dans ce contexte, les jeunes sont particulièrement exposés. Ils sont mobilisés au nom de la défense de leur communauté, de leur territoire ou de leur dignité, sans disposer de toutes les informations nécessaires pour comprendre les intérêts qui orientent les affrontements. Certains finissent ainsi par risquer leur vie pour des objectifs qu’ils n’ont ni ne définis ni véritablement examinés. Voila ce qui explique, sans aucune raison fondamentale, l’existence les Mai-mai , rebaptisés Wazalendo,
Les slogans guerriers qui invitent les combattants à franchir les obstacles, à affronter des véhicules blindés ou à poursuivre le combat à tout prix devraient susciter une réflexion profonde. Combien de barrières faut-il encore briser ? Combien de jeunes faut-il sacrifier avant de reconnaître que le courage ne consiste pas uniquement à mourir au combat, mais aussi à empêcher une guerre inutile ?
Un adage rappelle que la mère du héros pleure avant celle du lâche. Derrière cette formule se trouve une vérité humaine : quelle que soit la manière dont une société célèbre ses combattants, ce sont les familles qui portent le poids des morts, des disparitions et des traumatismes.
La question n’est donc pas de mépriser ceux qui défendent leurs proches ou leur territoire comme le Twirwaneho. Ils n’ont pas d’ailleurs le choix, car la guerre leur a été imposée. Elle est de demander aux responsables politiques, au régime de Kinshasa qui mobilisent les populations de rendre compte des objectifs poursuivis, des moyens employés et des conséquences humaines de leurs décisions.
Le paradoxe des richesses congolaises et de la souffrance humaine
La RDC possède d’immenses ressources naturelles et un territoire considérable. Pourtant, ses populations continuent de subir l’insécurité, les déplacements forcés, la pauvreté et les conséquences de crises politiques persistantes.
L’idée selon laquelle le Congo serait presque vide de sa population peut être comprise comme une manière imagée de souligner l'immensité du territoire par rapport à sa population et à son potentiel économique. Elle ne doit toutefois pas être confondue avec une mesure démographique vérifiée.
Le véritable paradoxe est ailleurs : comment un pays aussi riche en ressources peut-il continuer à voir une partie de sa population vivre dans la peur et l'incertitude ? Comment prétendre défendre le territoire national tout en laissant des communautés entières subir les conséquences de conflits récurrents ?
La défense du sol et du sous-sol ne peut pas être dissociée de la protection des personnes qui y vivent. Les richesses naturelles n'ont de sens que si elles contribuent au bien-être collectif, à la sécurité et au développement.
Dès lors, lorsque la guerre est présentée comme un moyen de défendre une parcelle familiale, un territoire communautaire ou un intérêt particulier, il faut examiner attentivement les objectifs réels de ceux qui appellent à la mobilisation. Les populations doivent pouvoir distinguer la défense légitime de leurs droits de l'exploitation politique de leurs peurs.
Une communauté qui perd ses enfants, ses maisons, ses terres cultivables et ses moyens de subsistance ne sort pas nécessairement victorieuse d'un conflit, même si elle remporte une bataille. La victoire militaire peut devenir une défaite humaine lorsque les générations futures héritent de la haine, du deuil et de la pauvreté.
Le diplôme ne garantit ni la compétence ni la probité
La critique du système éducatif congolais constitue un autre aspect central de ce débat. La multiplication des titres académiques ne garantit pas, à elle seule, la qualité de la formation, la maîtrise des connaissances ou l'aptitude à exercer une profession.
Dans certaines institutions, des interrogations persistent sur les conditions d'obtention des diplômes, la rigueur des évaluations et la qualité des productions académiques. Le témoignage évoque notamment des rapports attribués à des professeurs d'université dont la structure, la syntaxe et la cohérence exigeraient, selon son auteur, des corrections importantes avant leur transmission aux autorités.
De telles situations appellent une réflexion sérieuse sur les mécanismes d'évaluation, la responsabilité des établissements et les exigences de qualité de l'enseignement supérieur.
La question ne concerne pas uniquement le français. Un intellectuel peut être compétent en sciences, en droit, en économie, en histoire, en médecine ou dans de nombreux autres domaines. La valeur de son travail doit être appréciée selon ses connaissances, sa méthode, sa rigueur et sa capacité à apporter une contribution utile à la société.
Il faut également distinguer les difficultés linguistiques d'un manque d'intelligence. Le français est une langue acquise et pratiquée dans des contextes différents, notamment dans un pays où coexistent de nombreuses langues nationales. Les variations d'accent ou de prononciation ne constituent pas, en elles-mêmes, des indicateurs de compétence intellectuelle.
La véritable exigence consiste à demander aux institutions de garantir la qualité de la formation, de sanctionner la fraude lorsqu'elle est démontrée et de reconnaître les compétences réelles plutôt que les titres obtenus par complaisance.
Le phénomène « Chic-choc-chèque » : quand l'apparence prend la place du mérite
Dans le témoignage, l'expression « Chic-choc-chèque » renvoie à une pratique dénoncée vers 1990 dans certains milieux universitaires comme l’UNIKIN: une personne mise en valeur par son apparence ou ses relations bénéficierait d'avantages matériels, affectifs ou académiques, au détriment de ses compétences réelles.
Cette expression populaire illustre une critique plus générale de la marchandisation des diplômes et de la confusion entre mérite et privilège. Lorsqu'une évaluation académique peut être influencée par des intérêts personnels, financiers ou sexuels, l'intégrité de l'institution est compromise.
Il serait cependant injuste d'étendre ces accusations à l'ensemble des étudiantes ou des étudiants, ou de faire de l'apparence physique un indice d'incompétence. La responsabilité incombe avant tout aux personnes qui détiennent le pouvoir d'évaluer, de recruter et de certifier les compétences.
Les femmes comme les hommes peuvent être victimes ou acteurs de systèmes de favoritisme. La réponse doit donc être institutionnelle : procédures d'évaluation transparentes, prévention des conflits d'intérêts, mécanismes de plainte crédibles et sanctions proportionnées en cas de fraude ou d'abus.
Une société ne peut pas espérer bâtir une administration compétente si ses diplômes cessent d'être des preuves fiables de formation et de maîtrise professionnelle.
Les langues, l'identité et les dangers des amalgames
La question linguistique devient encore plus sensible lorsqu'elle touche aux identités communautaires dans l'est de la RDC et dans la région des Grands Lacs.
Le témoignage rapporte une conversation avec un proche qui lui aurait expliqué que, durant certaines périodes de conflit, le choix de la langue utilisée par un militaire pouvait être interprété comme un indice de danger. À l'époque de Mobutu, le passage du swahili au lingala aurait ainsi été associé, dans son expérience, à la crainte d'une arrestation. Plus tard, dans son environnement, l'utilisation du Swahili ou du kinyarwanda par certains militaires aurait éveillé une inquiétude comparable.
Ce récit témoigne d'une perception façonnée par l'insécurité et les expériences vécues. Il ne suffit cependant pas à établir qu'une langue, un accent ou une identité constitue une preuve d'appartenance à un groupe armé ou d'intention hostile.
Dans une région marquée par les déplacements de population, les liens transfrontaliers, les langues partagées et les conflits politiques, les identités linguistiques peuvent être complexes. Réduire une personne à la langue qu'elle parle revient à substituer le soupçon à l'examen des faits.
Le même principe s'applique aux appellations communautaires. Les termes utilisés pour désigner un peuple sont devenus des instruments de reconnaissance, de contestation ou de stigmatisation. Lorsqu'un nom est volontairement déformé pour ridiculiser une communauté ou mettre en doute son appartenance, il est légitime d'interroger l'intention et les effets de cette pratique.
Mais la réponse à la stigmatisation ne devrait pas être une nouvelle stigmatisation. Elle devrait reposer sur la précision historique, le respect de l'autodésignation des communautés, la vérification des faits et le refus des généralisations collectives.
La diversité linguistique et culturelle de la RDC constitue une réalité historique. Elle ne devrait jamais servir de prétexte à la suspicion systématique ou à la justification de violences.
Sortir de la logique de la vengeance
Le drame congolais ne se résume pas à une opposition entre intellectuels et villageois, ni entre modernité et coutume. Il révèle plutôt une crise plus profonde : celle de la responsabilité, de la confiance et de la capacité à transformer les désaccords en solutions durables.
Les traditions de médiation peuvent apporter des enseignements précieux, à condition de respecter les droits des personnes et de ne pas substituer la réconciliation à la justice lorsque des crimes graves ont été commis. Les institutions modernes, de leur côté, doivent garantir l'impartialité des procédures, la protection des victimes et la responsabilité des auteurs.
Il ne s'agit pas de demander aux familles de pardonner sous la contrainte, ni d'effacer les crimes au nom de la paix. Il s'agit de créer des mécanismes permettant de reconnaître les torts, de réparer les préjudices, d'établir les responsabilités et d'empêcher la répétition des violences.
Les chefs coutumiers, les responsables religieux, les intellectuels, les autorités publiques, les organisations de la société civile et les représentants des communautés peuvent contribuer à cette démarche. Encore faut-il qu'ils acceptent de placer la vie humaine au-dessus des calculs politiques et des rivalités identitaires.
L'objectif devrait être clair : faire en sorte qu'un vol, un différend foncier, une querelle familiale ou une offense individuelle ne puisse plus être transformé en motif de guerre entre des populations entières.
Conclusion : Jusqu'à quand accepterons-nous de sacrifier nos enfants ?
Depuis des décennies, des générations de Congolais grandissent dans l'ombre des conflits. Les jeunes sont parfois envoyés au combat au nom de la défense de leur communauté, tandis que les familles enterrent leurs enfants et que les responsables de la mobilisation poursuivent leurs rivalités.
Cette situation appelle une remise en question collective. Jusqu'à quand les populations accepteront-elles que leurs appartenances identitaires soient utilisées pour les entraîner dans des affrontements dont elles supportent l'essentiel du coût humain ? Jusqu'à quand confondrons-nous la capacité de prononcer de belles phrases avec celle de construire la paix ?
Les intellectuels ont une responsabilité particulière, mais ils ne sont pas les seuls concernés. Les dirigeants politiques, les chefs communautaires, les autorités coutumières, les éducateurs et les citoyens doivent tous contribuer à rompre le cycle de la haine. La responsabilité de chacun dépend de son rôle, de son influence et de ses actes.
La sagesse ne consiste pas à parler plus fort que les autres, à accumuler les titres ou à maîtriser les expressions les plus recherchées. Elle consiste à comprendre les conséquences de ses décisions, à reconnaître ses erreurs et à rechercher des solutions qui protègent la vie.
Si les mécanismes coutumiers de dialogue ont parfois permis à des communautés de prévenir l'escalade des conflits, il serait utile d'en étudier les enseignements et de les articuler avec une justice moderne, impartiale et respectueuse des droits fondamentaux.
Pourquoi ne pas remettre au centre de nos sociétés les palabres, la médiation, l'écoute et la réparation, plutôt que de laisser la vengeance dicter l'avenir de nos enfants ?
Le Congo n'a pas besoin de davantage de discours qui justifient la division. Il a besoin de femmes et d'hommes capables de transformer leur savoir en responsabilité, leur influence en service public et leur attachement communautaire en engagement pour la paix.
La question finale est simple : combien de générations faudra-t-il encore sacrifier avant de comprendre que la destruction de l'autre finit aussi par devenir notre propre destruction ?
Barack Obama a popularisé la formule « Yes, we can ». Mais cette capacité collective ne devient réelle que si nous sommes prêts à agir. Pour la RDC, cela signifie refuser l'instrumentalisation des communautés, exiger des comptes aux responsables, protéger les populations civiles et reconstruire les mécanismes de confiance.
La paix ne se décrète pas par de belles paroles. Elle se construit par des actes, par la justice, par la sagesse et par la volonté collective de préserver la vie.
Le 11 oct. 26
Paul Kabudogo Rugaba




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