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  • Paul KABUDOGO RUGABA

CIKWANINE OU LE CACHE-CRIME CIRHAKWANINE

Au lendemain de la disparition en exile de Mr. N'Ganda, le père de l'idéologie anti-tutsi congolais, c'est son fils idéologique, Mr. Cikwanine, lui aussi en exil, qui prend les commandes. S’introduisant comme le nouveau patron de la macabre entreprise d’extermination de Banyamulenge par son article intitulé « « Génocide des Banyamulenge», il faut cesser cette manipulation ! », Mr. Cikwanine se met à pondre un brillant argumentaire de vente de sa haine tribale et vient donner un nouveau souffle aux contre-vérités auxquelles le capitaine Kasereka et complices nous ont habituées. Dès lors, il fait tomber le masque derrière laquelle il se cachait jusque-là ; celle d’un soi-disant « expert des Grands-Lacs en matières des droits humains ». Une qualification usurpée et pour laquelle le concerné ne cesse de nous chanter les mérites avec une assourdissante voix à nous écorcher les oreilles.


Pour être un véritable expert, il faut surtout et avant tout apparaître comme neutre à chaque instant de sa journée et dans chaque aspect de sa présentation des faits. Pour tout expert, tout intellectuel, et comme le soutient Thierry Wolton, « l’interprétation des faits est libre, mais la réalité de ce qui s'est passé, comme la manière dont cela s'est passé restent invariables ». Ce n’est malheureusement pas de l’avis de notre « expert » Cikwanine dont le récent article au titre volontairement cynique et provocateur est tout, sauf le fruit d’un travail d’expert. En revanche, loin d'être expert en DH, celui qui succède à N’Gbanda dans le rôle de souffler sur les braises de la xénophobie témoigne d'une extrême ingéniosité pour toujours et déjà pousser à la haine tribale contre les Banyamulenge. Par ces écrits caractéristiques du trouble de la personnalité narcissique, Mr. Cikwanine ne s'empêche de marquer son emprunte pour s’identifier à ceux qui nient les violations graves et flagrantes de droits humains (par la simple raison qu’elles sont commises contre les Banyamulenge), qui en escamotent ou en minimisent l'ampleur des dégâts humains et matériels, qui en cachent les causes et qui en défendent les criminels.

Bien sûr qu’en s'autoproclamant expert, Mr. Cikwanine se présente comme le défenseur des droits et de vérité et se fait passer pour celui qui éclaire le public, qui explique et qui justifie les faits de manière non partisane. Mais son identité de « faux expert » n'est en réalité qu'un voile destiné à cacher la poursuite du massacre contre les Banyamulenge en renforçant et en étendant son idéologie partout où elle n'est pas encore bien implantée. En prônant le négationnisme du génocide de Banyamulenge car, selon lui, pas suffisamment soutenu par le bilan et les images des scènes de crimes (comme s’il était possible de se faire une selfie pendant son assassinat), cet ancien MAI-MAI ou plutôt ce MAI-MAI qui a changé de rôle n'incite qu'à sombrer dans le déni de la réalité. Non seulement, il s’emploie à la distorsion de la réalité sur les massacres, en toute impunité, contre les Banyamulenge, mais aussi, il fait en sorte que les consciences collectives s'en accommodent. Ses méthodes sont, on ne peut plus claire, caractéristiques du négationnisme des génocides juif, arménien et tutsi. Elles consistent à nier les faits, à les relativiser, à les banaliser, et au besoin, à en inverser les rôles.

De la théorie du complot juif, les négationnistes ont longtemps défendu la thèse selon laquelle les juifs n'ont pas été du tout massacrés, qu'ils ont fait croire à cette extermination pour créer l'État d'Israël. Et s’agissant de la théorie du complot contre les Banyamulenge, Mr. Cikwanine se lance dans une aventure par laquelle il veut faire croire au monde qu’il n’y a rien contre les Banyamulenge si ce n’est que ces derniers jouent à la victimisation pour « s’attirer la compassion » et donc, n’est plus être inquiétés sur « la terre des autochtones qu’ils occupent ».

De même, pendant le génocide de tutsi au Rwanda, il était entre-autres question de tuer et de jeter les corps de tutsi dans la rivière Nyabarongo qui servirait de leur transport vers le fleuve Nil et de là, jusqu’en Etyopie « d’où ils sont venus ». Et s’agissant du cas de Banyamulenge, Mr. Cikwanine estime dans sa narquoise et cynique rhétorique que « contraindre un groupe des gens à quitter une terre qu'on estime n'est pas la sienne ne veut pas dire massacrer les membres de ce groupe ».

En confirmant, sans images à l’appui l’assassinat de près de 200 personnes de sa communauté Bashi dans la zone de Fizi (de 2017 à nos jours), Mr. Cikwanine n’a pas peur d’être contredit. Mais lorsqu’il s’agit du cas de Banyamulenge, il lui faut les images et égrener le nom qui correspond à chaque image pour y croire. Dans son entendement, les images qui ont fait le tour du monde concernant la dernière vague de déplacés de Bwegera est un non-événement ou une victimisation pour, selon lui « justifier les éventuelles barbaries de ceux-là qui utilisent le « GÉNOCIDE » comme prétexte pour atteindre leurs objectifs hégémoniques et déstabilisatrices ».

De son lieu d’exil en Uganda et sans parler des belligérants du conflit auquel il fait allusion, les propos de Cikwanine et le venin qu'il crache sont empreints de fantaisie, d'hypocrisie et de mépris lorsqu'il laisse entendre, je cite, « J’affirme haut et fort qu'aucun civil Munyamulenge, je ne dis bien aucun, n'a été pris physiquement pour cible lors de l'attaque du secteur de Rurambo. D'ailleurs les civils Banyamulenge traversaient en toute sécurité les barrières de ces Maï-maï pour se réfugier en dehors du périmètre de la zone des affrontements armés ». C’est à se demander à quoi servent les barrières des MAI-MAI et sur quelle base légale sont-elles érigées. Là n’est pas la question pour notre expert en droits humains.

En effet, par cette campagne de désinformation et du déni des faits reprochés aux MAI-MAI et alliés, Mr. Cikwanine s’évertue à promouvoir une monstrueuse image de Banyamulenge qui plutôt, et selon lui « créent des alibis pour la déstabilisation du Congo ». C’est sans doute une expression encore éloquente et sans équivoque pour inciter encore à l’extermination des survivants de Rurambo, de Gongwa, de Mikenke et j’en passe.

Fausser une réalité pour la nier ou la caricaturer par une version inventée de toutes pièces est devenu la conduite et le « modus operandi » de tous ceux qui s'invitent dans l’opération d'extermination des Banyamulenge. Et Cikwanine dont l’irritante ubiquité dans tous les dossiers concernant cette communauté victime d’une guerre sans nom, n'en fait pas l'exception.

Par son pernicieux comportement, le monde devra retenir que Mr. Cikwanine « Digne » en Mashi (langue de Bashi) est plutôt Cirhakwanine « Indigne ». Il se doit d’être frappé d’anathème par tous ceux qui prônent la lutte pour la justice et les droits humains et contre l’impunité.

Kinshasa, le 14 mai 2021

Mukulu Le Patriote

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