Exécution sommaire de militaires FARDC tutsis à Baraka/Fizi : un crime grave et une trahison de la République
- Paul KABUDOGO RUGABA
- il y a 3 heures
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Nous dénonçons avec la plus grande fermeté l’exécution sommaire de cinq (5) militaires des Forces Armées de la République Démocratique du Congo (FARDC), tous issus de la communauté tutsie congolaise, perpétrée le 13 décembre 2025 à Baraka, territoire de Fizi, par leurs propres compagnons d’armes, en collaboration avec des éléments se réclamant des Wazalendo.
Les victimes sont :
MUGABO ZITONDA, Sous-lieutenant FARDC, originaire de Masisi ;
MUHIRE MANU, Capitaine FARDC, originaire de Masisi ;
MUGUNGA MUNYARUGENDO, Soldat de 1ère Classe, originaire de Kalehe ;
TUYISHIME KAMANZI Leonard, Capitaine FARDC, originaire de Rutshuru ;
MBONIGABA SIBOMANA Jean-Damien, Soldat, Grand Caporal, originaire de Masisi.
Selon les informations concordantes, ces militaires ont été abattus à bout portant par des éléments des FARDC et des Wazalendo alors qu’ils fuyaient les combats à Uvira, où ils étaient régulièrement déployés pour défendre l’intégrité territoriale du pays. Ils ne faisaient face ni à un ennemi extérieur, ni à une procédure disciplinaire régulière, mais ont été victimes d’une exécution extrajudiciaire, en violation flagrante des lois militaires, de la Constitution congolaise et du droit international humanitaire.
Cet acte odieux constitue une trahison grave de l’esprit de l’armée nationale, qui est censée être républicaine, unifiée et non discriminatoire. Il révèle une dérive dangereuse où l’appartenance ethnique semble primer sur le devoir, l’honneur et la fraternité d’armes. Comment accepter que des soldats engagés sous le même drapeau soient exécutés simplement parce qu’ils appartiennent à une communauté stigmatisée ?
Ce crime s’inscrit dans un contexte plus large de persécutions, de suspicions systématiques et de violences ciblées contre les Congolais tutsis, y compris au sein des institutions censées les protéger. Le silence ou l’inaction face à de tels actes ne ferait qu’encourager l’impunité et approfondir les fractures au sein de l’armée et de la nation.
Nous exigeons :
L’ouverture immédiate d’une enquête indépendante et crédible ;
L’arrestation et la poursuite judiciaire de tous les auteurs et complices, quel que soit leur grade ou leur affiliation ;
La protection des militaires FARDC issus des communautés menacées ;
La reconnaissance officielle de ce crime et la restitution de la dignité des victimes à leurs familles.
La République Démocratique du Congo ne peut se construire sur le sang de ses propres soldats, encore moins sur des exécutions motivées par la haine ethnique. Justice doit être rendue, non seulement pour honorer la mémoire de ces cinq militaires, mais aussi pour sauver l’âme et la crédibilité de l’armée nationale.
le 13 janvier 2026
Paul Kabudogo Rugaba




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