LE MONDE TEL QU’IL EST : ENTRE HYPOCRISIE, DOMINATION ET SILENCE
- Paul KABUDOGO RUGABA
- il y a 4 jours
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De nos jours, ce qui se passe dans le monde n’est plus une véritable diplomatie, ni une sincère recherche de solutions aux conflits. Ce que nous observons ressemble davantage à une politique de domination, d’exploitation économique et, dans certains cas, à une volonté d’effacement de certains groupes sociaux ou ethniques jugés encombrants pour les intérêts géopolitiques des puissants.
Les preuves ne sont même plus dissimulées. Les déclarations de certains dirigeants mondiaux suffisent à révéler cette logique brutale où la loi du plus fort tend à remplacer le droit international. Lorsque le président des États-Unis affirme vouloir construire un mur entre son pays et le Mexique tout en exigeant que ce dernier en paie le coût, il ne s’agit plus simplement d’une politique migratoire : c’est l’expression assumée d’un rapport de domination.
Dans plusieurs régions du monde, les mêmes mécanismes se répètent. Le pétrole du Venezuela devient un enjeu de confrontation internationale ; l’Iran est constamment menacé au nom de prétextes sécuritaires ; Cuba continue de subir un blocus qui appauvrit des générations entières et enferme une population dans des conditions de survie indignes. Pendant ce temps, les grandes puissances parlent de démocratie, de liberté et de droits humains.
Au Moyen-Orient, les bombardements et les violations répétées du droit international deviennent presque banals aux yeux de la communauté internationale. Certaines nations semblent avoir le droit d’agir sans limites, sans condamnation réelle, sans conséquences. Le silence du monde face à certaines tragédies finit par devenir une complicité morale.
Dans la région des Grands Lacs africains, particulièrement en République démocratique du Congo, cette logique prend une dimension encore plus inquiétante. Derrière les discours officiels sur la paix et la stabilité se cache souvent une lutte féroce pour le contrôle des ressources minières. Pendant que les populations civiles souffrent, des groupes armés prolifèrent, des communautés sont stigmatisées, et une idéologie de haine continue de se propager.
Les Tutsi congolais, notamment les Banyamulenge, demeurent depuis des décennies victimes d’une profonde stigmatisation alimentée par des discours politiques, ethniques et médiatiques. Cette tutsiphobie enracinée a progressivement normalisé l’exclusion, la suspicion et parfois même les appels à l’élimination. Pourtant, très peu d’acteurs internationaux osent dénoncer clairement cette réalité.
Le plus troublant est peut-être le contraste entre les principes proclamés et les actes posés. On parle de paix tout en soutenant des systèmes qui entretiennent la guerre. On parle de coexistence tout en tolérant des discours de haine. On parle de justice tout en fermant les yeux sur certaines souffrances humaines parce qu’elles ne servent pas les intérêts stratégiques du moment.
Il faut avoir le courage de regarder le monde tel qu’il est réellement : un monde où les faibles doivent constamment lutter pour exister, où la vérité dérange, et où la dignité de certains peuples semble avoir moins de valeur que les intérêts économiques ou géopolitiques.
Mais malgré cette dure réalité, l’histoire enseigne aussi qu’aucune oppression n’est éternelle. Les peuples qui survivent sont ceux qui gardent leur mémoire, leur unité, leur résilience et leur capacité à défendre leur dignité sans perdre leur humanité. Car la véritable victoire ne réside pas seulement dans le rapport de force, mais dans la capacité à préserver son identité, sa vérité et son droit à exister face aux tentatives d’effacement.
Le 14 mai 2026
Paul Kabudogo Rugaba




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