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Le Silence des Institutions Internationales:  Une Bombe qui TueComplicités Passives dans le Génocide des Banyamulenge

  • Paul KABUDOGO RUGABA
  • il y a 3 jours
  • 5 min de lecture

Le Silence des Institutions Internationales :  Une Bombe qui Tue


Complicités Passives dans le Génocide des Banyamulenge


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Il existe des silences que l’histoire jugera avec sévérité. Des silences qui résonnent comme des aveux, qui pèsent comme des fautes. Celui des institutions internationales face au sort des Banyamulenge en République démocratique du Congo fait partie de ces silences lourds, meurtriers, presque complices.

Ces silences sont plus bruyants que les cris. Des silences qui tuent plus sûrement que les armes.   un mutisme enveloppé de prestige, de cérémonies protocolaires, de grands discours creux, mais qui, sur le terrain, se traduit par une absence froide, méthodique, bien calculée.

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Ces organisations, censées être les remparts ultimes contre l’inhumanité, ne sont devenues que des clubs sélects où les puissants se congratulent, où l’on distribue prix, médailles et trophées imaginaires pour des exploits qui n’ont jamais sauvé personne. Leur raison d’être n’est plus la prévention, encore moins la protection : elle est devenue l’entretien d’une légende humanitaire qui se nourrit d’apparences, non d’actions.

Car ces institutions n’interviennent que lorsqu’un intérêt majeur est en jeu — un intérêt stratégique, économique, géopolitique… mais jamais humain. Et lorsqu’elles daignent bouger, c’est avec une maladresse coupable, une neutralité biaisée, une prudence qui ressemble davantage à un parti pris pour celui qui détient la force, les armes ou l’influence.

Elles semblent incapables d’intervenir pour sauver les faibles, mais parfaitement équipées pour justifier leur inertie.

Face à un processus de destruction ciblée, ces institutions se murent dans un mutisme aussi insoutenable que stratégique. Elles observent, comptent, archivent  les versions que , parfois leur fournissent les gouvernements oppresseurs alors qu’ils sont présent sur place et pourraient produire les leurs .Elles n'agissent pas. Et ce refus d’agir porte en lui la forme moderne de la complicité.

L’inglorieuse tradition des abandons internationaux

Ce n’est pas la première fois que l’humanité voit des organisations censées la protéger détourner le regard. On se souvient du Rwanda en 1994, lorsque la MINUAR fut volontairement bridée, laissant derrière elle plus d’un million de morts. On se souvient de Srebrenica, où les forces de l’ONU, pourtant présentes sur place, se sont révélées incapables d’empêcher le massacre. Darfour, Rohingya, Ituri : chaque fois, le même scénario se répète.

Devant l’histoire, cette répétition n’est plus une erreur : c’est un système. Une mécanique froide où l’inaction se dissimule derrière la diplomatie, où la prudence devient abandon, où la neutralité devient une forme de participation à la catastrophe.

Le philosophe français Paul Ricœur rappelait que le silence face à l’injustice n’est jamais neutre : il est le “choix du camp du bourreau”. Aujourd’hui, ce principe moral résonne tragiquement dans les Hauts Plateaux.


Perpétuer le conflit pour préserver leur propre existence

Il faut oser poser la question que beaucoup redoutent : ces organisations veulent-elles réellement résoudre les conflits ? Ou leur survie institutionnelle dépend-elle justement de leur perpétuation ?

Une paix durable signifierait moins d’interventions, moins de missions, moins de budgets, moins de visibilité. Or l’industrie humanitaire globale est devenue une machine lourde, coûteuse, autojustificatrice — une bureaucratie internationale qui fabrique sa propre nécessité.

La situation des Banyamulenge dans les Hauts Plateaux, comme celle des Hema en Ituri, des Rohingya en Birmanie ou des populations du Darfour, constitue un miroir cruel. Dans chacun de ces drames, les mêmes organisations ont déployé les mêmes stratégies : observer, documenter, condamner… puis laisser mourir.


Les Banyamulenge : un peuple pris au piège d’un génocide invisible

Dans les Hauts Plateaux d’Itombwe, des villages entiers sont brûlés, les routes sont coupées, les vivres interdits, les médicaments absents. Les enfants meurent de maladies traitables, les femmes accouchent dans l’ombre des forêts, les déplacés survivent dans un apartheid non déclaré.

Pourtant, la communauté internationale n’élève pas la voix. Pire : elle banalise les signaux d’alerte.

L’article 2 de la Convention pour la Prévention et la Répression du Crime de Génocide de 1948 définit clairement la nature du crime : homicides, atteintes graves à l’intégrité physique, soumission à des conditions d’existence devant entraîner la destruction physique d’un groupe, mesures visant à entraver les naissances, transfert forcé d’enfants.

Or, dans les Hauts Plateaux, en Ituri et au Darfour, plusieurs de ces éléments sont réunis — documentés, visibles, répétés.

Selon la logique de droit international, ce qui se déroule n’est pas une « simple crise » : c’est un processus génocidaire. Et la communauté internationale, juridiquement obligée d’intervenir, choisit l’immobilité.


Le manquement moral : quand les institutions trahissent leur mandat

Ces organisations ont été créées sur les ruines du XXᵉ siècle, avec l’ambition d’empêcher la répétition des horreurs de la Shoah, du goulag, des colonialismes meurtriers. Mais elles trahissent aujourd’hui la promesse fondatrice du “Plus jamais ça”.

La Déclaration universelle des droits de l’homme de 1948, la Charte des Nations unies, les principes de la R2P (Responsibility to Protect) : tout cet arsenal moral et juridique semble soudain n’être qu’un décor, un théâtre. De beaux textes, sans volonté d’application.

Les droits humains ne devraient pas être un idéal abstrait : ils sont un impératif. Mais pour ces institutions, ils ne deviennent prioritaires que lorsqu’un intérêt stratégique s’y greffe — lorsque l’État agressé est riche, influent ou indispensable.

Dès qu’il s’agit des Banyamulenge, des Hema, des Rohingya ou des peuples du Darfour, le droit devient silencieux, l’intervention devient impossible, la diplomatie devient de la prose anesthésiante.


Une question fondamentale se pose : à quoi servent-elles encore ?

À quoi servent les institutions onusiennes de défense des droits humains si elles ne protègent pas les communautés les plus vulnérables ? À quoi sert une architecture internationale si elle laisse choir ceux qui, précisément, devraient être les premiers à être secourus ? Que vaut une promesse universelle lorsque des populations entières peuvent être effacées sans que cela ne trouble ni les couloirs de Genève ni les tribunes de New York?

Le génocide silencieux des Banyamulenge, comme celui d’autres peuples oubliés, révèle une vérité dérangeante : l’humanité a confié son espérance à des institutions qui n’ont ni la volonté ni le courage d’en porter le poids.

Tant que ces organisations ne rompront pas avec cette logique de complaisance et d’inaction, leur silence continuera d’être une bombe à retardement — une bombe qui tue, lentement mais sûrement, ceux qu’elles prétendent défendre.


Il est temps de rappeler la loi morale et la loi internationale

Face au sort des Banyamulenge, l’histoire exigera des comptes. Le silence des institutions ne pourra être justifié ni par la prudence diplomatique, ni par la complexité politique, ni par la neutralité de façade.

Comme l’écrivait Elie Wiesel, rescapé de la Shoah et conscience morale du XXᵉ siècle :“Le contraire de l’amour n’est pas la haine, mais l’indifférence. L’indifférence tue.”

Aujourd’hui, l’indifférence internationale tue — à Itombwe, à Minembwe, dans les Hauts Plateaux. Et tant que les institutions chargées de protéger continueront de se taire, leur silence restera une bombe à retardement, une complicité passive, une faute historique contre l’humanité.

Le 25 novembre 2025

Paul Kabudogo Rugaba  

 
 
 

1 commentaire


umuhuzaolivier110
il y a 3 jours

Merci bcp mon vieux a part Les Burundais qui nous tu pour leur Salaires journaliers tôt ou tard un jour ils seront gujes Mais aussi Mr CTHISEKEDI CHILOMBO et ses malfaiteurs j’aimerais qu’ils sachent qu’un jour ils seront besoins nos forces dans l’impossibilites quand les vrai Enemies les attaqueras


     Qui vivra veras.

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