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Message à l’occasion de la 22ᵉ commémoration du massacre de Gatumba

Paul KABUDOGO RUGABA
13 août
2 min de lecture

En ce 13 août 2026, nous commémorons, avec une profonde douleur et une grande dignité, le 22ᵉ anniversaire du massacre de Gatumba, au cours duquel des réfugiés banyamulenge ont été tués alors qu’ils avaient trouvé refuge au Burundi.

Vingt-deux ans ont passé. Vingt-deux années de deuil, de questionnements et d’attente. Vingt-deux années durant lesquelles les familles des victimes et les survivants continuent de porter le poids d’une tragédie dont les responsabilités n’ont pas, à ce jour, été établies par une justice à la hauteur de la gravité des faits.

Aujourd’hui, nous nous inclinons devant la mémoire de toutes les victimes de Gatumba. Nous pensons à leurs familles, à leurs enfants, à leurs proches et à tous ceux dont la vie a été brisée cette nuit-là.

Nous nous souvenons pour ne pas oublier. Nous nous souvenons pour que leurs noms ne disparaissent pas de l’histoire. Nous nous souvenons parce que la mémoire constitue le premier acte de résistance contre l’oubli.

Mais commémorer ne signifie pas seulement regarder vers le passé. C’est également interroger le présent.

Vingt-deux ans après Gatumba, la question de la justice demeure. Comment expliquer qu’un massacre d’une telle gravité puisse rester aussi longtemps sans une réponse judiciaire pleinement satisfaisante ? Comment construire une paix durable lorsque les victimes ont le sentiment que leur souffrance n’a pas reçu la même reconnaissance que celle d’autres victimes ?

La justice permet d’établir les faits, d’identifier les responsabilités, de reconnaître les victimes et de prévenir la répétition des violences.

Nous appelons donc les institutions nationales, les organisations régionales et la communauté internationale à ne pas laisser Gatumba sombrer dans l’oubli. Nous appelons à la vérité, à des enquêtes crédibles, à la justice et à la reconnaissance de toutes les victimes, sans distinction d’origine, d’appartenance politique ou communautaire.

Nous refusons également qu’une mémoire nationale soit construite en sélectionnant certaines victimes et en laissant d’autres dans l’ombre. Toutes les vies humaines ont la même valeur. Toutes les victimes méritent d’être reconnues. Toutes les familles ont droit à la vérité.

En ce jour de commémoration, nous ne demandons pas de vengeance.

Nous demandons justice.

Nous ne demandons pas l’exclusion des autres mémoires.

Nous demandons une mémoire qui n’oublie personne.

Nous ne voulons pas transmettre la haine aux générations futures.

Nous voulons leur transmettre la vérité, la dignité, la justice et la paix.

À nos morts de Gatumba, nous disons :

Nous ne vous avons pas oubliés.

À vos familles, nous disons :

Votre douleur est notre mémoire.

Aux survivants, nous disons :

Votre témoignage demeure essentiel.

Vingt-deux ans après Gatumba, la mémoire demeure vivante, et l’exigence de justice demeure entière.

Que la mémoire des victimes de Gatumba repose dans la dignité et que leur souvenir continue de nous rappeler une vérité fondamentale : aucune paix durable ne peut être bâtie sur l’oubli, le déni ou l’impunité.


Le 13 aout 2026 

Paul Kabudogo Rugaba

 
 
 

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