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  • Paul KABUDOGO RUGABA

Faut-il vraiment faire encore confiance au FARDC ?

Dernière mise à jour : juil. 18

L'information à la une à Minembwe qui a défrayée la chronique est celle du bébé Bonfils Rutebuka de onze mois, incarcéré dans un container au motif qu'il serait Twirwaneho. Lorsque les mères Banyamulenge apprirent qu'il sera transféré à Bukavu, ensemble avec ses parents, elles protestèrent en organisant un sit-in au Quartier Général de la 12 Bde et à l'aérodrome de Minembwe, pour empêcher l'atterrissage de l'avion de la déportation vers la carceration du bébé. Trois semaines durant la vie fut paralysée à Minembwe. Les avions qui desservaient le coin rebroussèrent chemin avec leurs frets.

Alertées, les autorités tant militaires, Politiques que celles de la MONUSCO se succédèrent en quête de la solution amiable, du Comd 33 Région Militaire au Comd 3 Zone Défense, du côté des FARDC ; aux Ministres Provinciaux de l'intérieur et de Justice du côté de la politique.

Les enquêtes menées sur terrain attestèrent que, le bébé et ses parents sont civils qui n'ont rien avoir les Twirwaneho. Les Bafuliiru, les Banyindu, les Bashi, voire les Babembe modérés, d'une même voix, témoignèrent de concert avec les Banyamulenge, en faveur des accusés, au détriment de la raison du plus fort FARDC. Le bébé et sa mère furent relâchés, mais le papa fut maintenu en détention.

Les femmes en sit-in priaient seulement. Les Autorités Militaires envoyèrent les Unités des Prévôtés Militaires, PM en sigle, les disperser de force. Treize d'entre elles furent hospitalisées, mortellement blessées.

Devant l'indignation provoquée par ce comportement barbare de la 12 Bde de réaction rapide, l'organisation d'une Audience Foraine à Minembwe fut programmée, pour calmer la tension. La population fut apaisée croyant que, les victimes et les bourreaux seraient confrontés sur le terrain d'où les crimes furent commis.

Pour contourner l'obstacle, les éléments de la 12 Bde furent envoyés piller les boutiques et le village environnant qui s'appelle Comité. Un élément isolé fut maîtrisé le par le propriétaire de la boutique issue de la communauté shi. En tournant son arme pour l'abattre, le Civil, plus fort que le militaire, tourna le canon vers le militaire qui fut abattu par la balle sortie de son fusil, tirée par le propriétaire de l'arme. Ailleurs les pillards célébrèrent le butin du pillage par la consommation excessive de l'alcool. Ivres, ils pourchassèrent un de leurs, l'on ne sait, pour quelle raison. Il se retourna et tira vers ses compagnons d'armes, visiblement pour les dissuader de les prendre en chasse. En réplique, le tireur fut blessé au bras. Au village Comité, le militaire fut maîtrisé et désarmé par les civils, avant d'être remis au Comd avec son arme, le lendemain.

Une cabale imputa les désordres nocturnes aux Banyamulenge, préalablement désignés boucs émissaires de l'infraction commise par les éléments de la 12 Bde RR. Les prostituées qui côtoient les militaires furent dépêchées s'attaquer aux femmes Banyamulenge en sit-in, en priant. Elles furent accueillies par le champ, comme dans une fête de mariage. Étourdies, elles ne surent pas comment tourner l'ambiance festive de l'accueil en bagarre rangée.

Dessus par le comportement de leurs concubines, ils s'embusquèrent et abattirent à bout portant quatre femmes dont trois vielles mamans ménopausées, dont la moyenne d'âge est 70 ans et une jeune qui succombèrent criblées de plusieurs balles.

C'est alors que l'auditorat et la Police Nationale se mêlèrent à la danse politico-militaire des dupes. Au lendemain de leur arrivée, ils organisèrent la mascarade de l'Audience Foraine. La population accourut, pour découvrir que, le LtCol jugé n'a pas commis l'infraction pour laquelle il est jugé à Minembwe. À la barre, à côté du LtCol, furent alignés les exécutants, épargnant, de ce fait, les planificateurs du massacre. Quelle ne fut pas la déception ! Entre temps, Mr Bonfils Rutebuka, qui attendait en prison être confronté à ses accusateurs n'était pas à l'audience. Vérification faite, il était nuitamment soustrait du container-mouroir pour être évacué vers Bukavu frauduleusement, au moment où la population se rendait à l'Audience Foraine de la Mascarade. Qui seront confrontés en vue du dégagement de la vérité ?

Les parents dont les enfants furent fauchés à fleur de l'âge, les autres dont les leurs furent interceptés en route pour les vacances scolaires, accusés et écroués et condamnés Twirwaneho, sans enquête et jugement ; les autres encore, les leurs étaient lynchés par la justice populaire, car par le temps qui court, tout jeune qui se rend à Minembwe est Twirwaneho ipso facto. Même arrêté sans arme. Je ne parle pas de la karnachikov russe, mais bien de la lame de rasoir.

Le Munyamulenge est coupable, non par l'infraction qu'il a commise, mais être Munyamulenge est l'infraction, pour laquelle il est condamné. Les propriétaires des champs récoltés par les militaires, pour revenir leur revendre aux plus offrant étaient au rendez-vous. Les villageois dont les gros et petits bétails furent décimés par milliers des centaines par les Mayimayi en complicité avec les militaires de la 12 Bde attendaient poser quelques questions ambigües autour des opérations en cours. Ceux dont les villages sont habités par les militaires, mais empêchés de rentrer chez eux reconstruire leurs maisons et cultiver leurs champs, pour recommencer la vie à zéro espéraient, à l'issue de l'audience foraine, trouver une réponse à leurs questions préoccupantes. La question de la complicité tacite entre les Mayimayi et la 12 Bde, venue arrêter le massacre dont les Banyamulenge sont les victimes, agressées, théoriquement parlant par les ethnies voisines, et dont l'unité d'interposition assiège plutôt les victimes, derrière lesquelles elle tire chaque fois qu'elle veut se défendre en appui aux agresseurs allait être exposé à l'organe de la loi, en vue de lui trouver une réponse. Ceux dont les troupeaux furent pillés par la 12 Bde étaient présents. Que dire de l'existence des femmes violées en cascade, dont les plus connues sont celles dont les parties intimes furent mutilées avant d’être achevées !

Pour saboter l'audience foraine la 12 Bde monta une fois encore le pillage. La petite fille de 14 ans de la vieille grand-mère de 75 ans, tuée de retour la prière, fut fauchée par une balle encore. Dans un coin comme Minembwe, où les civils sont sous les menaces d’extermination en permanence tentent de de lutter pour la survie, aux soldats aux mœurs déréglés, lâchés dans une communauté stigmatisée et ciblée à tort, comme ennemi à abattre rappelle une scène des loups au milieu de brebis sans berger. Dans pareil situation, obtenir le cessez-le-feu, dis-je, est difficile à obtenir.

Entre temps, l'unité criminelle entreprit d’effacer les traces. C’est dans ces circonstances que, la résidence de Mr Bonfils Rutebuka fut revisitée. Les femmes et hommes valides prirent la Foudre d'escampette. La mère de Bonfils Rutebuka dans un état d’invalidité, est incapable de fuir comme les autres. Sa fille Angelina, pour l’amour de sa maman ne pouvait pas faire autrement que de rester à ses côtés. Aujourd'hui vendredi, le 17 Juillet 2021, l'on vient de découvrir son tronc et tête, amputés des jambes, brûlée, torturée, violée avant d'être achevée, le corps en décomposition, dont l'image en annexe est la preuve matérielle éloquente de la barbarie de la 12 Bde.

Quoi de plus étonnant, quand on sait que, l'unité de la barbarie humaine est commandée par le Général Opia Bondani Patrick, qui, à l'époque où il était Comd sous-secteur à Uvira, son escorte brilla par les vols, les pillages, les viols. Il est, au fait le précurseur du phénomène du pillage des vaches au pâturage, tuer le Berger, l'enterrer dans le sable Incognito de sa famille, avant d'emporter le troupeau des vaches, sous l'étiquette Mayimayi de la plaine de la Ruzizi, qui lui ramenait sa part du butin après-vente. Son pillage des vaches de la plaine de la Ruzizi culmina par le massacre de Mutarule. Ce jour-là, le berger était un sourd mue paissant son troupeau quand les agents de Opia Bondani Patrick se mirent et tourner son troupeau vers une direction opposée à celle où les menait le berger. De son coup de bâton il assomma le premier à sa portée. On logea une balle dans sa poitrine à bout portant, et le sourd-muet mourut. Le coup de balle alerta Mutarule. Il y eut un échange des tirs au pâturage. Les propriétaires des vaches récupérèrent une grande partie et trouvèrent le corps du berger inanimé avant son enterrement dans le sable, pour effacer les traces. Le corps fut récupéré et le deuil organisé à domicile. À deux reprises, le soir du crime, les Mayimayi d'Opia tentèrent d'arracher le corps en vain. En réaction, kanda ya kala oblige, il y eut massacre à Mutarule. L'acte du pillage était imputé au feu Mayimayi Obed Rusagara, ce fut sa famille qui paya des crimes du Général Opia Bondani. Du côté des FARDC, le Maj Kayumbe, Comd Bataillon dont la Compagnie était déployée à Mutarule, et qui participait directement aux pillages témoigna contre le Commandant qui écopa de dix ans de prison, à la place d'Opia BONDANI.

Toujours sous son commandement, il s’est produit le crime de viol les plus atroce. Les éléments, essentiellement constitués de son escorte ont violé la fille de son bailleur devant ses parents jusqu'à son expiration. Le lendemain, alerté, Uvira organisa un sit-in jusqu'à sa mutation disciplinaire vers Kanyabayonga, au Nord-Kivu. Pourquoi a-t-il préféré tuer la fille ainsi ? Le Général Etumba était Chef d'État-Major Général FARDC à l'époque. Personne n'osa l'écrouer, quoique ses hommes étaient surpris en flagrant délit du crime. Assurés de l'impunité, ils avaient autorisé le père d'appeler au secours. Le Preneur Opia Bondani avait vécu dans la maison d'autrui sans la payer. Le Bailleur l'assigna de déguerpir sans délai de sa maison, enfin de la louer à celui qui payera les loyers dans le délai imparti du contrat. Il lui remit 3000$ qu'il envoya récupérer la nuit par son escorte, après avoir tué la fille par Viol de masse devant ses parents sidérés. Cette histoire authentique est connue de la MONUSCO, de sa hiérarchie militaire, de l'autorité Politique provinciale du Sud-Kivu et toute la population d'Uvira.

À peine la remise et reprise terminée avec le Général Muhima, à Minembwe, il annonça ses couleurs par les arrestations arbitraires et pillages systématiques, a malin, malin et demi, en imputant ses crimes aux Twirwaneho, comme jadis, il les imputa à Obed Rusagara qui paya de sa vie aux Crimes du Général Opia Bondani. Là il vient de faire d'une pierre deux coups : les Twirwaneho seront assimilés aux terroristes et leur Communauté vouée au Génocide qui en conviant les Mayimayi et les Red Tabara à prendre part au génocide planifié.

Aux regards des d’un comportement qui ne fait qu’exacerber les tensions, faut-il vraiment faire confiance au FARDC ?

Le problème est le suivant. Il se fait que, la Tanzanie, le Burundi, le Rwanda, l'Ouganda, et le Kenya prendront part aux opérations dites du ratissage des poches de résistance, pour dissimuler la gesticulation avortée en 1996, après les opérations Kimia Masisi au Nord-Kivu ; et Mbata au Sud-Kivu mises en échec par l'intervention AFDL. Comment le Congo va-t-il gérer le Burundi et ses opposants Red Tabara, FOREBU & FNL en évitant que le Congo ne soit le terrain de la Guerre burundo-burundaise ? Comment le Congo gérera-t-il le Rwanda et ses opposants FDLR afin qu'ils ne transforment pas terrain congolais celui de la Guerre rwando-rwandaise ?

Pourtant c'est ce que veulent les autorités congolaises. Joseph kabila disait que « nitapiganisha aduwi nikitumia aduwi mwenyewe (je combatrait l’enemis en utilisant l’ennemi lui-même.) » Entendez que l’ennemi pour le congolais est désormais le tutsi. C’est dans cette logique que Tshisekedi veut se débarrasser malignement d’une communauté. Il est prêt à offrir une partie de son pays pour servir de théâtre de combat, pourvu que on lui débarrasser les Banyamulenge. Mais il est une question, pensez-vous que, les Guerres entre les opposants CPGL vont vous épargner les autres ? Attendons voir, car qui vivra verra !


le 17 juillet 2021

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